African Doers Live Talks: Tadjieuh Fenjep, Diamant noir et Kamit du clan Bamiléké

Tadjieuh Fenjep est conseiller en évolution professionnelle au sein d’une entreprise française et parallèlement continue sa passion pour le journalisme. Il a créé Kamita Magazine qui est la suite logique de sa renaissance spirituelle dans les Caraïbes qu’il préfère écrire KÂrayib. Bamiléké bon teint, Fenjep  aussi connu sous le nom de Ralf nous emporte dans son univers.

Africulturelle: Qui est Tadjieuh Fenjep ?

Tadjieuh: Tadjieuh Fenjep, aussi connu sous le nom Ralf Touomi, est un citoyen Africain du clan Bamiléké, dont les parents, grands-parents, et aïeuls vivent depuis un peu plus de cinq siècles sur le territoire appelé par les colons, Cameroun.

Vous êtes journaliste, parlez nous du cursus que vous avez fait et vos différentes expériences professionnelles.

Il faut d’abord dire que depuis juillet 2018, j’ai effectué une transition professionnelle et exerce désormais au quotidien la fonction de Conseiller en Evolution Professionnelle au sein de l’entreprise française qui a la charge principale de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, le suivi du recrutement des entreprises, et la gestion des allocations chômages. 

En effet, aux côtés de mes nouvelles fonctions, j’ai continué transversalement ma passion pour le journalisme. Mon diplôme de journalisme obtenu à Douala à l’Ecole Supérieure de Gestion, je me suis expatrié en Belgique pour des études de communication. 

Puis le tournant de ma vie a été la découverte de la Caraïbe par la Martinique où j’ai vécu environ 4 ans. J’y ai travaillé en tant que journaliste pour le Quotidien France-Antilles Martinique ; et j’ai également pu collaborer comme journaliste indépendant pour quelques municipalités. J’étais notamment en charge du contenu rédactionnel des magazines municipaux. 

Aujourd’hui, vous êtes le fondateur de Kamita Mag. Pourquoi Kamita et quels sont ses objectifs ?

Kamita Magazine est la suite logique de ma renaissance spirituelle dans les Caraïbes. Vous me permettrez de l’écrire comme mon cerveau le pense : KÂrayib.

Renaissance spirituelle car après 24 ans passées en Afrique, c’est à 28 ans que j’ai choisi de rallumer l’essence de la spiritualité ancestrale africaine qui avait longtemps été endormie en moi à cause de l’impact des religions chrétiennes qui nous ont été imposées depuis notre enfance. 

La création du média web Kamita Magazine  a marqué mon retour à qui je suis, et a été le point de départ de mon parcours vers la Spiritualité Ancestrale Africaine. L’objectif de ce média est tout simplement de promouvoir les initiatives et mettre en lumière les talents d’Afrique, des Diasporas Africaines et visibiliser les Afrodescendants d’Outre-mer, d’Amériques, Pacifique, Océan indien, etc. Sans avoir à se justifier de cet angle journalistique, la vision du média est clairement Afrocentrée.

Kamita, Kama, Kémêt, tirent leur racine d’une même signification de l’Egypte antique des pharaons Noirs, pour signifier : foncé, chaleur, brûlé, noirci, charbon, etc. Kamita représente ce que les impérialistes ont renommé sous le nom communément accepté aujourd’hui : Afrique.

Kamita Mag a quel âge et quelles sont les expériences qui ont vous le plus marqué dans cette aventure ?

Sous l’inspiration de mes Ancêtres dans les Caraïbes, lorsque j’ai quitté la Martinique pour repartir de nouveau en Belgique, c’est en janvier 2016 notamment à Bruxelles que j’ai officiellement lancé le média. 

Les expériences vécues depuis 2016 dans cette aventure de passion journalistique, sont indescriptibles. Bien qu’il y ait eu et qu’il existe encore de nombreux obstacles sur mon chemin, je ne peux que me réjouir de cette aventure. Comme l’a dit Nicolas Anelka, le footballeur Afro-Martiniquais que le système « oxydental » a traité « d’anti-système » : « ce n’était peut-être pas le bon chemin. Mais c’est mon chemin »

Kamita Mag fait partie de ceux qui ont lancé African Doers Live Talks. Pourquoi avoir accepté cette association ?

J’étais déjà en contact sur les réseaux sociaux avec Vénicia Guinot, la figure féminine à l’origine de ce magnifique et très ambitieux projet. L’on se suivait mais sans avoir des échanges réguliers. Je savais néanmoins qui elle était, et je regardais en admiration l’énorme travail médiatique qu’elle menait. Puis un jour j’ai reçu un message d’elle dans ma messagerie Facebook. Elle m’a présenté le projet et m’a demandé si j’étais intéressé de rejoindre l’équipe qu’elle souhaitait créer autour. 

Sans hésitation, j’ai tout de suite accepté. Je partage avec elle l’idée d’une véritable synergie entre les médias africains voire panafricains. Rejoindre l’équipe derrière l’émission AfricanDOers LIVE TALKS, et travailler en collaboration avec d’autres collègues qui sont eux/elles-mêmes à la tête d’un média, c’est ce rêve journalistique que je vis et que j’espère à plus grande échelle pour l’Afrique. 

Comment trouvez-vous cette aventure ?

Riche, enrichissante, lumineuse, difficile, âpre, obscure. Si j’associe des termes à-priori contradictoires c’est bien parce que cela reflète et représente avec intégrité ce que nous vivons au sein de cette ambition AfricanDOers

Loin des strass et paillettes, des ambitions d’enrichissement personnel, éloignés des considérations nombrilistes, être dans l’équipe AfricanDOers c’est un sacerdoce que l’on se doit d’accepter de porter. La route vers la réussite de notre vision est inéluctablement jonchée d’énormes sacrifices. Nous en sommes conscients. Mais tant que l’on croira dur comme fer en la noblesse de la vision partagée, cette aventure ne pourra que continuer. 

Une autre citation que j’aime à me rappeler : « si la Cause est bonne, c’est de la persévérance. Si la Cause est mauvaise, c’est de l’obstination ». Des deux, j’ai depuis plusieurs années maintenant fait mon choix !

En Même temps que AfricanDoers Live Talks, il y a Diamants Noirs que vous présentez. Pourquoi cette pierre précieuse tâché de sang dans l’imaginaire populaire pour parler de figures noires qui brillent ???

Diamants NOIRS est un projet média que j’ai lancé en juin 2020, notamment avec le 1er épisode le 13 juin. Diamants NOIRS est une série d’Interviews diffusées deux samedis par mois, intégralement via des DIRECT Facebook. 

L’ambition de Diamants NOIRS est de contribuer à redonner aux populations d’ascendance africaine, la fierté d’elles-mêmes, d’appartenir à une civilisation aussi riche par son sous-sol que par ses “Génies” : sciences, culture, économie, entrepreneuriat, sport, politique, littérature, etc. L’Afrique a marqué le monde par sa brillance. Et en dépit des freins qu’elle doit subir depuis quelques décennies, elle continue d’impacter les générations universelles.

Quant à la question qui met en évidence les tâches de sang qui couvriraient comme par malédiction cette pierre précieuse, je m’inscris en faux contre cette perception. L’image péjorative du Diamant est certes née des dérives et de l’exploitation ignoble par les multinationales « oxydentales » qui n’hésitent pas à recourir à tous les moyens pour s’accaparer cette richesse. 

Mais nous ne devons avoir aucune honte d’être fiers et de revendiquer l’utilisation des richesses que la Nature a choisi de couvrir sous nos pieds. Pourquoi le nom « Diamants NOIRS » ? Car le Diamant noir naturel est sans aucun doute le plus mystérieux de tous les diamants. Son éclat sobre révèle une beauté unique. Alors, peu importe qui nous sommes, comment certains nous voient et même comment nous-mêmes nous nous percevons parfois négativement ; nous avons en chacun de nous une pierre précieuse qui n’aspire qu’à se dévoiler, et nous guider vers la réussite de nos différents projets.

Du balayeur de rue au vigile, de l’enseignante à la cheffe d’entreprise, de l’architecte à la journaliste, du sportif au journaliste, de l’écrivain au banquier, etc. Cette émission oeuvre à nous relever afin de contribuer certes modestement, à révéler davantage la Lumière Spirituelle Ancestrale Africaine au monde !

Comment voyez-vous la suite de la collaboration ?

Ma collaboration au sein de la synergie AfricanDOers, je l’espère longue et pérenne.

Un collaboration entre Kamita Mag mais qui inclut aussi d’une certaine manière le RIDAAF…. c’est quoi le RIDAAF ?

Pour mieux restructurer : Kamita Magazine a vu le jour en janvier 2016, puis le RIDAAF a été créé en Octobre 2018. En tant qu’organisme associatif légal, le RIDAAF chapeaute désormais officiellement les activités journalistiques de Kamita Magazine. Les missions du RIDAAF :

  • Valoriser les modèles positifs : entrepreneurs, associations et ONG autour des Diasporas Africaines et d’Outre-mer, par le biais d’un accompagnement journalistique ; afin de promouvoir leurs initiatives et mettre en lumière les visages de ces nouvelles références positives.
  • Créer des synergies : mettre en relation entre eux, les professionnels faisant partie des Partenaires du RIDAAF ; mais également avec d’autres professionnels externes au Réseau Associatif ; mutualiser les visions, les expertises et les compétences.
  • Contribuer à la reconnexion des Mondes Africains : Afrique, Diasporas, Caraïbes, Pacifique, Indien. Promouvoir ainsi la nécessité de créer davantage de passerelles entre l’Afrique et l’ensemble des diasporas afrodescendantes dans le monde.

Vous êtes un africain du Cameroun, basé en France et qui voyage beaucoup…Envisagez-vous un retour au pays pour y installer des antennes de vos initiatives ?

Le rapatriement est un projet que j’ai toujours envisagé avant même de monter dans l’avion qui allait me faire découvrir l’Europe il y a un peu plus de dix ans aujourd’hui. Plus j’avance dans mon retour et dans mon ancrage spirituel ancestral africain, davantage le rapatriement devient une évidence !

Mais c’est avec beaucoup d’humilité que je me prépare à retourner définitivement sur ma Terre. Je ne fais pas partie de la Diaspora négative, pédante, prétentieuse, qui se prétend « sauveuse » de l’Afrique. Comme si les frères et sœurs vivant sur le continent ne bougent pas, n’agissent pas, sont dans l’attente éternelle que leurs familles expatriées en Occident vienne les sortir de leur « misère ». Une image très péjorative et infantilisante. Je milite et revendique faire partie de ce que je nomme la « Diaspora Positive ». Celle qui se prépare modestement à retourner, et contribuer à la co-construction du continent, avec les familles restées là-bas. 

Les projets de Tadjieuh

Je me considère comme un créatif, même si je suis l’anti-thèse du bricolage ou de tout ce qui est manuel (rires). Plus sérieusement, sans rechercher à tout prix à accumuler des projets, je me laisse juste guider par l’inspiration ancestrale. L’homme que je suis aujourd’hui est aux antipodes de celui qu’il était en 2010. Et j’espère qu’il sera encore meilleur dans les années à venir.   

Le dernier projet a vu le jour un peu après « Diamants NOIRS ». Il a démarré sous la forme d’un Groupe Facebook et se nomme « DiaspÔrAF ».  L’objectif est de rentrer dans l’action concrète promue par l’une des 3 missions du RIDAAF, qu’est la reconnexion des Mondes Africains. La 1ère étape que j’ai en vue au travers de l’action menée par DiaspÔrAF, ce serait de découvrir et faire découvrir, sensibiliser et informer les Africain.e.s du continent ainsi que les Diasporas Africaines en dehors, sur la connaissance de l’histoire des communautés Noires d’Amérique du Sud. 

Ce sont donc ces Histoires d’Afrodescendants ayant réussi à se reconstruire de nouvelles identités et à surmonter le douloureux long épisode de l’esclavage, que je souhaite, accompagné d’une petite équipe, faire découvrir aux mien.ne.s.  Afin que dans ce carrefour de reconnexion des Mondes Africains, nous puissions impulser un plus grand intérêt des Diasporas Africaines et de l’Afrique vers les communautés Afrodescendantes vivant en Amérique Latine. Et mener l’action plus tard vers les territoires du Pacifique et de l’Océan indien.

INFOS PRATIQUES

Pages Facebook : Kamita Magazine ; RIDAAF/Réseau International des Diasporas Africaines et Afrodescendants ; Diamants NOIRS TV

Groupe Facebook : DiaspÔrAF

Instagram : @kamita_magazine ; @ridaafworld ; @tadjieuh_fenjep

Publié par Régina Sambou

Journaliste/ Bloggueuse Culturelle

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