Marcel Padey : créer l’harmonie entre bien et mal

La communauté humaine est dans une dualité où cohabitent le bon et le mauvais, ensemble, comme les deux faces d’une médaille. C’est dans cette dialectique que Marcel Padey inscrit la réalisation de ses œuvres. Sa technique de travail, le batik, est un moyen d’expression qu’il a découvert en 1992, à travers laquelle il réalise des œuvres en explorant l’humain et la nature.

Pinceaux, tissus, peinture, bois, etc. sont les matériaux utilisés par Marcel Padey pour réaliser ses œuvres. Ces outils entrent en lien avec sa démarche de teinture. Marcel Padey est influencé par les faits quotidiens liés à son environnement de vie. Attentif, calme et travailleur, il observe beaucoup plus ce qui se passe autour de lui et essaie de capter un message. « Chaque fois que je peux percevoir certaines choses ou avoir des ressentis, je les reprends à mon compte, je les traduis en musique ou soit en son ou en tableau d’art », précise-t-il. Le choix de ses thèmes est lié à chaque domaine dans lequel il exerce. Également musicien, dans l’art plastique, il s’inscrit dans l’abstrait et le figuratif. Sur ce point, Marcel donne des formes à ses imaginations. Dans le figuratif, le visiteur peut comprendre le sujet qui est abordé. Ainsi, le message est libre et le langage utilisé est accessible, même au plus jeune. Quant à la musique, l’artiste développe beaucoup plus des thématiques liées à l’amour, le vivre ensemble, les faits sociaux, etc.

Praticien de la musique au départ, Marcel Padey a découvert son amour pour les arts plastiques en 1992 et, de nos jours, malgré qu’il ait son propre studio de production musicale chez lui, l’artiste réalise aussi des œuvres d’art plastique. Marcel traverse des ennuis et estime que le batik est un moyen pour les échapper. 

Fuir les ennuis ou les masquer ? 

Le batik est un procédé de teinture à partir d’un tissu qui permet de masquer certaines parties avec un enduit de cire. Pour Marcel, en choisissant cette technique c’est une forme de résilience. Il pense ainsi faire face à ses ennuis en créant une harmonie entre le positif et le négatif. Cette dualité qui s’observe dans le monde et dans les habitudes de l’humain. Au début, l’artiste conçoit le batik comme un art de la distraction. Mais au fur et à mesure que les choses évoluent, cet art est devenu le premier moyen d’expression pour Marcel Padey. « En choisissant de travailler dans l’art plastique c’est une façon, pour moi, de meubler mon temps parce que, sur le plan musical, mes attentes n’ont pas toujours été comblées et pour ne pas me morfondre, ne pas m’ennuyer, je passe du temps aussi à faire le batik », explique-t-il. Marcel s’invite donc à réaliser des œuvres tout en utilisant cette technique pour aborder plusieurs thèmes liés à la vie quotidienne.

Le plaisir et le calme dans l’œil de Marcel

Marcel Padey appréhende le monde à travers une vision forte et qui caractérise le bien-être et l’intérêt commun. La paix, la béatitude, le repos, etc. sont les caractéristiques à travers lesquelles l’artiste perçoit le monde grâce à son art. « Pour moi, l’art change la vie des gens. Il apaise les cœurs et essaie aussi de rapprocher les individus, les peuples. L’art n’a pas une langue précise. Il est donc accessible à n’importe quel être humain. Puisque l’art, du fait de son essence, exprime ce qui est beau, des sentiments, des pensées diverses », explique-t-il. 

En mettant l’accent sur des couleurs froides dans ses œuvres, l’artiste suscite le plaisir, le calme, la tranquillité, la paix. Ce sont des œuvres qui donnent du goût aux yeux et l’on ne peut s’en lasser d’en explorer la qualité. Cette tranquillité des œuvres de Marcel traduit bien le silence ou le vide qu’une personne peut percevoir dans la solitude. C’est ce que l’on peut comprendre à travers « Au fil de mes ennuis », une collection qu’il a réalisée en 2017. 

« Au fil de mes ennuis »

 « Au fil de mes ennuis » est une série de 15 œuvres qui traitent cette thématique de diverses manières. À l’exemple du Sablier, un outil qui est utilisé pour déterminer le temps. Les idées développées par l’artiste sont liées à la nature, le temps et aussi à l’humain. Le Masque, une des réalisations de cette collection, cette œuvre, d’une dimension 110,5/130, a nécessité 5 mois à l’artiste pour sa réalisation. Le Masque présente le visage d’un homme sur un fond noir. Tout autour de ce visage, Marcel reproduit des petites figures rectangulaires qui contiennent aussi d’autres rectangles. Sur un fond blanc taché de jaune, ces figures sont respectivement colorées en noir et en rouge. Deux couleurs qui désignent l’obscurité, la peur, la terreur, le danger ou le courage. Des pigmentations qui disent beaucoup sur l’humain et les faits sociaux. Cette œuvre, dans la collection « Au fil de mes ennuis » suscite beaucoup de réflexions du visiteur et questionne sur l’être que nous sommes en réalité. Qui sommes-nous sans nos masques ? 

De l’art à la politique

Comme tout artiste, Marcel Padey comprend que l’art rapporte, mais aussi, est un bon vecteur de conscientisation. Il est un outil d’expression que les hommes utilisent pour communiquer les uns avec les autres. Conscient de l’importance de l’expression artistique, l’artiste pense qu’elle peut être utile dans le domaine politique et social. Pour lui, l’art est toujours une sorte de politique. Toute œuvre artistique a un discours politique et le social s’y ajoute afin de créer l’harmonie, tisser des liens entre le peuple et le pouvoir. 

« Nous sommes tous des citoyens. À travers nos travaux, nos recherches, nos activités, nous portons le flambeau national. Sans être des politiciens, nous les artistes, nous le sommes un peu dans la pratique. Nous représentons notre pays, nous en sommes les ambassadeurs. A ce titre, nous avons un rôle politique. Dans nos réalisations, nous n’avons pas un discours, une opinion, un point de vue qui soit en contradiction avec le pouvoir. Ainsi, nous participons au développement national. Qu’on le veuille ou non, un artiste, quelque part, est un politicien », argumente Marcel Padey. Et face à ses œuvres on ne peut qu’acquiescer.

Julien Tohoundjo (Stagiaire / Bénin)
NB : Article produit dans le cadre de la 1ère session de la formation en critique d’art organisée par l’Agence Panafricaine d’Ingénierie Culturelle – APIC

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