Clap Ivoire 2019: Kuma, Quand la parole se perd face à l’ignominie

Le sacre d’Hawa Aliou N’Diaye, ce vendredi 6 septembre à Abidjan, lors de la 19e  édition de Clap Ivoire international, concours ouvert à la pépinière du cinéma de l’espace UEMOA, sonne le réveil de la relève cinématographique du Mali.

La jeune réalisatrice malienne, Hawa Aliou N’Diaye, a su séduire le jury présidé par Roger Gnoan M’Balla, étalon d’or du Yennenga en 1993.

Elle a remporté le grand Prix Kodjo Ebouclé d’une valeur de 5.000.000 FCFA. Le court-métrage de fiction a eu le Prix de la meilleure photographie et Habibata Maïga, l’actrice principale, a été sacrée meilleure interprétation féminine.

Au-delà des récompenses, la fiction d’Hawa Aliou N’Diaye a survolé la compétition. La cinéaste combine plusieurs thèmes forts que sont l’inceste, le viol et la pédophilie. Un père indigne qui abuse de ses filles avec la complicité passive de son épouse, leur mère.

Le film noir dans sa captation et comme indiqué sur l’affiche exprime le dédain, le ras-le-bol, le dégout. Déception face à un père ignoble et un désir de vengeance.

 Les premières images traduisent le trouble, le déséquilibre. La caméra est instable, tremble, divague dans un centre de détention pour femmes où prostituées, folle et criminelles sont passées en revue.

Lorsqu’elle se stabilise, l’on voit le père qui s’adonne à sa salle besogne. Il laisse tomber son pantalon, se positionne entre les jambes de la benjamine de la fratrie, et la déflore.

Dehors, la petite reçois le soutien de sa mère. Mais sa grande sœur, qui a subi le même sort, a son idée dans la tête. Elle entre dans la maison…

…Lorsqu’elle en ressort, la pluie laisse tomber de grosses gouttes. Contrairement au spleen baudelerien, elle apporte une liberté, un mieux être, une délivrance. La scène est prolongée dans une rue inondée de Bamako.

Comme motivé par un vent de liberté, l’actrice virevolte, danse, se lâche,  se laisse tomber dans l’eau. Même son arrestation par la police a un air de libération.

Si la réalisatrice de  »Kuma » est jeune, son oeuvre est puissante, mature.  »Je la connais bien. Elle s’est beaucoup investie dans la formation et a pris part à de nombreuses sessions. Vous avez vu le résultat », a confié un responsable du cinéma en Afrique. Comme quoi, pour être un bon réalisateur, il faut se former, et encore se former pour atteindre le sommet.

Sanou A.

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