ALIOUNE DIOP, journaliste et promoteur culturel : ‘’On veut valoriser les genres musicaux d’ici et d’ailleurs’’

Dakar accueille les 5 et 6 juillet prochain la première session de ‘’Cinéma 48- Les rencontres du film musical de Dakar’’. Le journaliste culturel officiant à la RSI, Alioune Diop, en est l’initiateur. Il dévoile les grandes lignes de cet évènement qui se veut annuel, dans cet entretien accordé à EnQuête.

BIGUE BOB

Comment est née l’idée d’organiser un festival du film musical?

J’ai toujours eu en tête l’idée de mettre sur pied des évènements. Cela ne m’a jamais quitté. Je suis un agent de la RTS à temps plein. C’est ce qui m’avait un peu retenu. Mais à un moment donné, je me suis dit que je peux y aller. C’est la raison pour laquelle on a initié cet évènement. Cette première édition du festival que nous appelons ‘’Cinéma 48, les rencontres du film musical’’, est la deuxième étape d’un programme qu’on a démarré le 30 avril dernier par la célébration de la journée internationale du jazz. Ce programme qui va se poursuivre jusqu’au mois de décembre s’intitule ‘’Initiatives Arts et culture en mouvement’’. Les rencontres du film musical vont nous permettre de projeter des films qui parlent de musique. On a choisi le jazz, le reggae et le blues comme orientation thématique. Il est prévu, au programme, des conférences, des projections mais également des concerts.

Pourquoi ‘’Cinéma 48’’ ?

Quarante-huit est une référence faite aux deux jours que dure le festival. Deux jours de festival ! 48H de cinéma ! Cela ne signifie pas qu’on va changer le nom le jour où le festival va se dérouler sur 3 ou 4 jours. Non ! ‘’Cinéma 48, les rencontres du film musical’’, est un nom déjà labellisé.

Pourquoi un festival de film musical et non pas un festival de la musique ou du film tout court ?

Quand on organise, il faut inévitablement une orientation, raison pour laquelle on a axé cette première édition sur la musique. Dans un premier temps, nous avons choisi trois genres musicaux. Pour la deuxième édition, inévitablement, on va s’orienter vers d’autres genres musicaux. On pouvait dire festival de cinéma tout court. Mais vraiment on veut valoriser une discipline artistique comme la musique. D’ici décembre, je ne veux pas trahir un secret, cette question aura son importance.

Pourquoi le jazz, le blues et le reggae ?

Elles sont trois musiques noires. Si je prends le jazz, on l’a choisi pour continuer ce qu’on a commencé le 30 avril dernier. Le 30 avril prochain on va célébrer encore la journée internationale du jazz. Mais on ne peut pas rester inactif entre deux célébrations. Il nous faut des activités inter célébration. On doit donc organiser d’autres activités liées au jazz. Ce genre devient donc fondamental dans les rencontres du film musical. On a choisi le blues cette année parce que c’est ce dernier qui a donné naissance au jazz. Ce sont toutes les deux des musiques noires que nous voulons valoriser. On va parler de reggae et celui sénégalais sera mis à l’honneur tout comme le reggae jamaïcain ou international. Il en sera de même pour le jazz. Ce sont des Sénégalais qui vont animer les conférences et les projections de film vont concerner des musiciens sénégalais. Je peux dire que ce sont trois genres musicaux qui restent liés à l’histoire de l’Homme noir qu’on a choisi.

Pour une première édition et dans un souci de rendre populaire l’évènement pourquoi n’avoir pas choisi le mbalax ?

Il est sûr que le mbalax aura sa place dans ces rencontres un jour ou l’autre. On a opté cette année pour ces trois genres musicaux mais on peut se retrouver l’année prochaine avec du mbalax. C’est fort possible. On a déjà en repérage des films liés au mbalax, aux musiques d’autres groupes sociaux ethniques du Sénégal. On n’aura pas que le mbalax.

N’y a-t-il pas de risques au fil des ans que le volet musical phagocyte celui filmique, eu égard à l’expérience connue avec les rencontres cinématographiques et musicales de Gorée ?

Dans toute organisation il y a des risques. Vous êtes assez professionnelle pour comprendre cela d’où votre question d’ailleurs. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il y a un risque mais encore une fois, d’ici décembre d’autres disciplines seront valorisées. Mais, on maintient les rencontres du film musical. Ce sera un festival axé essentiellement sur la musique. Il y a des risques, c’est pourquoi d’ailleurs on a choisi le mot ‘’rencontre’’. Il est prévu des conférences, des projections et des concerts. Cela ne veut pas dire tout de même que c’est le schéma établi définitivement. L’année prochaine, on peut l’organiser autrement. Mais, pour cette première édition, on s’en tient aux concerts, projections et conférences. Dans toute chose il y a des risques mais il faut les prendre. Ce n’est pas pour dire que je suis courageux mais ce qui me motive c’est que je suis très, très bien entouré par des professionnels et j’écoute attentivement ce qu’ils disent. Tout ce que les gens voient aujourd’hui n’est pas l’idée globale d’Alioune Diop. L’idée principale peut venir de moi, c’est vrai, mais il y a beaucoup de conseils que j’applique pour arriver à ce festival. On va évaluer après pour voir comment on va continuer ce travail.

Quels sont les films qui seront projetés et qui sont les conférenciers attendus ?

Pour les concerts, il est prévu une prestation d’Iba Gaye Massar et ‘’Fagassu band’’ avec sister Ouly comme lead vocal. Ce sera à la Place du Souvenir africain. Il faut dire qu’on a cherché à ne pas trop chargé le programme. C’est ma philosophie organisationnelle. Le 5 juillet, à la Place du Souvenir africain, on va projeter ‘’Teranga rockers’’. C’est un film sur le reggae au Sénégal et réalisé par l’Ivoirien Romain Kouo alias Romy.K. Après la projection, les acteurs du film échangeront avec le public. Après est prévue la projection du film ‘’L’islam c’est la paix’’ de Moussa Seydi. Il raconte l’histoire d’un reggaeman allemand qui va à la rencontre d’un musicien sénégalais. Le 5 juillet toujours à la PSA est prévue une conférence qui sera animée par le Pr Abderrahmane Ngaïdé. Il va développer le thème ‘’11 mai n’est pas mai 68 mais reste une date historique’’. Le 6 juillet, on sera au Warc pour la projection d’un film sur Alune Wade Marcus avec des images de concerts qu’il a donné à Paris, à Nairobi et à Varsovie en Pologne. On a mixé cela avec des interventions d’Alune Wade dans les matins de RSI. Après, Vieux Mac Faye animera un concert acoustique blues au Warc. La conférence du jour va être animée par le conseiller du ministre de la Culture, Aziz Dieng qui parlera des racines africaines du jazz.

Quel est le but visé par ces rencontres ?

D’abord, on veut jouer notre rôle en suivant les pas de ceux qui nous ont devancés, ceux qui ont organisé des festivals avant nous. Nous allons profiter de leur expérience. On les a à nos côtés afin qu’ils nous orientent et nous conseillent. Ensuite, on veut renforcer un acquis : le Sénégal, un grand pays culturel, avec des évènements culturels. Le nôtre vient s’ajouter aux différentes manifestations existantes en général et à celles liées au cinéma. On a voulu apporter notre contribution au rayonnement du secteur cinématographique.

Quels sont les objectifs à long et court terme de ces rencontres ?

On veut valoriser le maximum possible les genres musicaux produits et consommés ici et ailleurs. On veut éviter de profiter des ghettos dans le circuit musical. On veut faire en sorte que toutes les musiques se retrouvent. C’est cela notre objectif. Pour cette année par exemple, on veut valoriser le reggae, faire de sorte que tous nos cinéastes qui ont réalisé des films autour des arts ou autour de la musique se retrouvent dans ce festival.

Pensez-vous, dans un souci d’internationaliser ces rencontres, de nouer des partenariats avec des rendez-vous de même nature ?

C’est ce que nous souhaitons. On veut aller à la rencontre d’autres évènements similaires. On veut aussi faire de sorte que, si les moyens suivent parce que c’est un sérieux problème, des conférences soient animées par des gens venus d’ailleurs. C’est un objectif que nous visons. Cela fait partie des combats organisationnels que nous menons. On veut que les gens viennent prendre part à ces rencontres. J’ai mal parce que Romy.K qui devait venir ne sera pas là. Jazz à Ouaga avait manifesté le désir de venir à Dakar. Ils étaient à Lomé quand j’échangeais avec eux. Ils m’ont dit qu’ils seraient là et que quelqu’un va les représenter. Malheureusement, ce n’est plus possible. Ils allaient se prendre en charge pour être là. J’aurais aimé avoir les moyens de leur payer le voyage, de les loger et leur assurer la restauration comme ils le font quand ils nous invitent. Mon souhait c’est d’en arriver là un jour.

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1 réponse »

  1. Quelle belle initiative .En souhaitant présenter ma musique en live à ce festival qui s’annonce prometteur.Senegal pays de Culture, oui, j’y ai toujours cru.C’est une évidence et celles et ceux avant nous y ont cru aussi, un travail sublime a été fait notamment il me semble par les artisans du film et de la musique eux mêmes et par noe intellectuels et hommes poltiques qui ont eu cette vision de voir la Culture comme un fer de lance capable aussi de développement économique…. Vive l’économie de la Culture.! SENAYA Artiste Auteur-compositrice-Interprète

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