« Réalité aveuglée», une performance pour la cause des  »fous » au Congo

La fibre artistique, l’œil aiguisé de l’artiste le met dans un état second quand l’urgence de créer pour une juste cause se fait présente. Devoir incarner un personnage, le devenir entièrement, se substituer à la cause défendue pour mieux en décrypter les arcanes et inventer une myriade de solutions, en dégager parfois toute l’acuité visuelle pour réveiller les consciences : « Réalité Aveuglée », une performance de rue de l’artiste Congolaise Mixiana LABA, s’inscrit dans ce sillage.

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Cette performance où l’artiste interprète le rôle d’une folle, interpelle la conscience collective sur la situation des malades mentaux au Congo. « Réalité aveuglée » parce que de nos jours, les victimes de la  démence paraissent invisible au regard de la société qui est censée les prendre en charge. Deux accessoires pour réaliser ce spectacle urbain époustouflant : la personne de l’artiste et ses pancartes.

L’artiste ne se déguise pas seulement en folle, aux yeux du public nomade, elle l’est. Dans cette performance, vêtue en lambeau, elle pourchasse les passants  sur la route et arrête les automobilistes, manquant même de se faire heurter. Et, ses pancartes symbolisent ici le message du combat de l’artiste, la cause qu’elle défend : la prise en charge des personnes atteintes de problèmes mentaux.  Sur ses pancartes sont inscrites : « Nous ne sommes pas invisibles, soignez nous, aidez-nous », « Don : sang égal OK, orphelins égal OK, Fous égal ?, Fous égal ? » 

Pour mémoire, « Réalité aveuglée » a été présentée dans la ville océane du Congo, Pointe – Noire  pour la première fois. Elle se poursuit dans la capitale politique qu’est Brazzaville afin de sensibiliser le plus grand nombre et sera réalisée dans d’autres villes du Congo Brazzaville.

Cette performance fait suite à une vague de reportages réalisés par certains médias locaux notamment  vox tv. Reportages qui ont fait un zoom sur ces malades mentaux qui envahissent les rues et avenues des deux grandes villes congolaises sous l’œil passif de la société. L’abandon familial, l’absence, sinon la rareté des centres habilités à prendre en charge ces personnes sont ce qui justifie leur errance inhumaine et dégradante.

L’action salvatrice de  Mixiana LABA met l’artiste au cœur de sa responsabilité face aux maux qui environnent sa société. Cette sonnette d’alarme est un cri de cœur face à la triste réalité de ces personnes issues pourtant de famille, dans une cité organisée mais délaissées à leur propre sort. C’est là, l’art au service du bien-être social.

Mariusca MOUKENGUE,

Critique d’art

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