Critique d’art : Souffle et immigration du plasticien ivoirien Wilfried Djaha

A l’occasion de l’édition 2019 du Festival International du Livre et des Arts Francophones (FILAF), organisé par l’Institut français de Brazzaville du 2 au 6 avril, le plasticien ivoirien, Wilfried Djaha, lauréat du Prix des Ateliers SAHM en peinture lors de la Rencontre Internationale de l’Art Contemporain en 2018, a exposé autour du thème : « Souffle et immigration » ; le thème du festival étant « Migrances et voies d’exil ». L’exposition s’étendra jusqu’au 30 avril.

Emeraude Kouka nous en livre une analyse critique.

Souffle et immigration! ainsi nommée, l’exposition de Wilfried Djaha porte, dès le titre, son signifié: l’idée du « souffle ». Elle renverrait à une certaine turbulence intérieure, jalon de toute entreprise, une faculté naturelle d’agir, une impulsion. Concaténé, dans une même relation, au mot « immigration », sémantiquement approuvé, l’énoncé revêt un sens plus évident: il relève tout le caractère déterminant de la décision de s’établir ailleurs que dans son pays d’origine.

En se laissant aller à considérer chaque œuvre, contreplaqués, cartons, illustrant des silhouettes faites de brins de soie et de laine, non sans la touche ajoutée de l’acrylique et de la terre rouge, on perçoit très vite une démarche impersonnelle et hors de tout lyrisme, bien que le tu soit rendu acratopège par l’évoqué: les titres des œuvres ne sont pas tacites. On inférera plusieurs fois qu’il s’agit de l’immigration des Africains [vers l’Europe]. L’usage de coupures de presse avec un contenu expressément choisi, les références à la traite des Noirs en Lybie, la dangereuse — mais pourtant massive — traversée de la Méditerranée et l’exil politique en sont les plus patents exemples.

Il conviendra aussi de noter que la complétude des œuvres de Wilfried Djaha n’exclut pas la dimension intrinsèque du sujet. L’ailleurs est, par-delà les contingences socio-politiques, le lieu où l’on pense sa vie, la nouvelle terre où l’on interroge son identité, le pays de sa nouvelle appartenance sociale.

Emeraude Kouka,

Critique d’art.

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