Critique : Les lumières fleuries dansent en Plein’Art

Un air libre, un air qui vibre en printemps avec ses fleurs, ses rayons de soleil et ses scènes de spectacle. Cet air nouveau est plein de bonheur, d’amour et de beaux jours. Un air fou des couleurs du temps et de printemps. Un air qui laisse défiler les nobles fils du soleil et les odeurs de printemps, afin de créer un certain chemin.

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Soudain, une lumière éclatante est apparue à travers l’énergie et la vibration de l’association « Plein’Art mouvant » qui tend à faire entrer l’art dans l’espace public et dans certains sites archéologiques. Une association portant et éclatant un printemps qui a débuté depuis des ans et qui fleurit dans le cadre du festival international ; celui du printemps de Sousse dans sa 26ème édition, en Tunisie suivant la thématique « Lumières fleuries » évoquée par Dr. Ikram Ben Brahim[1].

On retrouve également le printemps dans l’association pour parler d’un air du temps fleuri et ouvrir une fenêtre dans l’espoir d’une nouvelle page d’histoire, pleine de nouvelles espérances. Cette association reçoit son parfum à travers les jeunes étudiants plasticiens et/ou designers qui sont justement des chercheurs en histoire et esthétique des Arts Plastiques et du design.

Lumières fleuries, thématique de la 26ème  édition

Comme chaque pétale d’une fleur qui renferme une histoire, chacun des membres veut voler là-haut, plus haut que les oiseaux, afin d’être un aventurier au royaume infini. Chacun veut voir des soleils, ouvrir ses yeux sur des champs de fleurs et savoir si l’univers a une fin ou pas. Tous les adhérents cherchent et recherchent un chemin pour aller jusqu’à demain et découvrir des choses qui sont au loin. Ce chemin est fleuri qui offre une nouvelle vie pour tisser dans l’imaginaire et voyager dans la réalité. C’est un air libre mouvant qui est venu comme un bouquet de fleurs offert aux villes de la Tunisie partout, afin de constituer un tout artistique et réaliser une sorte de plein’Art avec différents moyens et dans des espaces en plein air.

Il y a principalement cette multiplicité de manières de faire entrer l’art dans des places publiques car les formes d’art utilisées sont aussi très diverses : peinture, gravure, sculpture, céramique, photographie, musique, installation et performance. Parce que c’est le propre du « Plein’Art mouvant » et parce que le printemps est toujours un renouveau, dans sa lumière, sa respiration, le désir qu’il éveille. Un printemps tout neuf, cette année en particulier, qu’il emprunte sur « les lumières fleuries », le thème entamé.

Ces lumières fleurissent en nous, depuis toujours et pendant ces quinze jours ; du 16 au 30 mars 2019 où le festival est bien arrimé à notre paysage culturel. Des pièces de théâtre, des performances, des expositions, des fresques, de la poésie et des spectacles de musique qui s’éclairent à Sousse et pour tous en lumières fleuries. « L’art ; c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », écrit Robert Filliou. C’est l’intention du « Plein’Art mouvant » qui éclaire la lumière non seulement pour son collectif émouvant, mais aussi et surtout pour les autres, pour ce monde vibrant.

Le musée El Kobba à l’honneur

En pleines couleurs et lumières, la pratique artistique réalisée par ce groupe des plasticiens fleurit et refleurit d’un jour à l’autre au musée El Kobba, à la médina. Il s’agit notamment d’une installation éphémère mettant en valeur le musée à travers un « tapis volant »[2] fleuri tissé par des bandes transparentes en couleurs pures et vives. Cette installation est belle par la complexité de sa simplicité à travers l’acte de tissage, laissant voir une image où les fleurs de toutes couleurs commencent à apparaître. Celle-ci est une lumière fleurie qui est l’amitié du printemps et qui passe du rose, au bleu, au vert, au violet, au jaune et à l’orange. La matière en plastique choisie, les couleurs utilisées, les mouvements, les reflets et les jeux de transparence rendent cette installation esthétique et belle à regarder. Le public peut voir l’influence de la matière transparente sur ce site selon ses caractéristiques archéologiques et chromatiques.

La mise en place de ce tapis tissé a permis de modifier l’aspect du musée dont il est devenu d’une beauté inattendue. Les couleurs du printemps qui sont brillantes, les bandes colorées qui sont transparentes, ainsi que la lumière du ciel et du soleil ont profondément participé à créer des fleurs en lumière. Un tapis flottant dans l’air qui éclaire un jeu fleuri des ombres et des lumières à travers la création des diverses nuances colorées. Le processus créatif de cette installation qui consiste à l’acte de tisser crée une certaine dynamique permettant d’offrir au regard des effets picturaux qui nous attirent, nous attachent, nous intéressent, nous amènent à voir et sentir ces lumières fleuries.

Les couleurs du printemps pour créer des fleurs en lumière

C’est magnifique de voir un foyer de lumière qui s’éclate à travers les nuances des couleurs, de sentir le parfum du printemps et que tant d’artistes et designers en « Plein’Art mouvant » se mobilisent pour le simple amour de faire revivre ce lieu archéologique et historique. Il n’y a plus d’ancien et de nouveau qui tienne, de distinction entre cette installation et le métier du tissage. C’est la magie de cet air libre mouvant qui sert à révéler ce lien de beauté palpable entre les différentes formes d’art et impalpable entre les êtres.

Peut-être, enfin, comprendra-t-on que les métiers et les autres arts laissent voir une pratique artistique mouvante qui s’inscrit dans l’esprit de l’art dit au contemporain. Grâce à la beauté du Printemps, c’est la ville qui est devenue une lumière fleurie, en Tunisie. Comme la poésie qui doit prendre voix, « Plein’Art mouvant » trouve la voie et voit dans l’énergie collective une certaine vibration menant vers l’imagination créatrice. Le soleil de sa beauté s’étire lentement pour se coucher. La lumière jette ses rayons et s’endort. Tout est calme pour des heures, tout est silence.

Au matin, un jet de lumière se lève, traverse le regard et capte de la vie un instant trop fleuri qui tisse sur les nuages la paix, la joie et l’amour chaque jour. Que la joie tisse la fidélité car dans la joie se tisse aussi la liberté. Vite, vite, les lumières fleuries dansent, s’enlacent, se déplacent, se croisent, se placent et encore dansent en Plein’Art mouvant au rythme lancinant, d’un air mouvant, émouvant. Vite, vite Elles dansent en émotion à travers la création des nouvelles lumières censées comme reflets des fleurs. Si chanceux, si heureux, si reconnaissant, si pleinement je suis en Plein’Art, en Plein’Art mouvant.

Ikram Ben Brahim

[1] Artiste plasticienne, Artiste « en émouvance », Théoricienne de l’art, Enseignante universitaire, Docteur en Science et Techniques des Arts, Chercheuse en esthétique et histoire des Arts Plastiques, Présidente de l’association « Plein’Art mouvant ».

[2] Emprunté de l’œuvre de Sadika Keskes.

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