Dak’Art 2018: LES MUSELES de MAX MBAKOP à la Biennale de DAKAR

Les déclarations universelles des droits de l’homme sont une consécration étatique des droits intrinsèquement liés à la nature humaine. Cependant, leur mise en application est confrontée à l’égocentrisme impérialiste. Une sorte d’hégémonie qui bannit sans vergogne les droits et libertés fondamentaux de la masse. Face à cette réalité, l’artiste, témoin de son temps laisse parler sa sensibilité et son art dans le but d’interroger l’existence. C’est dans ce sens que l’artiste visuel Max MBAKOP TCHIKAPA  a présenté une installation titrée « LES MUSELES » pendant la biennale de Dakar 2018 au Sénégal. Cette installation mêle photos et vidéo d’art. A l’entrée de l’espace d’exposition, une série photographique, suivie d’un texte et d’un téléphone diffusant une vidéo d’art. La série de 9 photos  met en avant des portraits tant masculins que féminins. « LES MUSELES » évoquent le fait d’empêcher à quelqu’un de s’exprimer, le réduire au silence.

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Max MBAKOP

Les œuvres photographiques sont suivies d’un texte critique donnant l’esprit de la vidéo d’art. Cette vidéo sert de miroir par lequel l’artiste fait ressortir la réalité des opprimées: le peuple. Selon les traités et conventions internationaux, il est le pouvoir souverain sans lequel ne peut exister les autres formes de pouvoirs. La figure de style que l’artiste utilise ici est le symbolisme afin non seulement de codifier son message, mais aussi y ajouter une dimension spirituelle et artistique. Ce symbolisme est traduit par le chiffre 9. Chiffre qui selon l’artiste évoque le pouvoir souverain, celui du peuple. 9 représente non seulement les 9 muselés présentées dans la vidéo d’art mais aussi les 9 portraits. Les 9 muselés  sont aussi les 9 séquences qui donnent un aperçu sur la misère du peuple.

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L’évocation de la problématique de la liberté d’expression y est à la fois suggérée et express. On y voit des Hommes qui peinent à s’exprimer. Effort car les mains posées sur leurs bouchent les empêchent de faire entendre leur voix. Toute la charge psychologique et émotionnelle incite à une réflexion sur le vrai sens de l’Humanité. Que serait véritablement l’Humain sans son autonomie ? La liberté d’opinion étant intrinsèquement liée à la nature humaine, il est impérieux à l’heure actuelle de repenser la gestion de la cité. L’artiste veut susciter des réflexions sur la véracité de la liberté d’expression comme droit fondamental. Il interroge son application à l’égard du peuple. Les manettes de la gestion de la cité sont entre les mains de la minorité. A cet effet, il est impérieux de revoir la place actuelle de la valeur humaine.

La liberté d’expression est-ce donc une utopie ou un idéal ? Dans les deux cas, son aspect concret ne cesse de faire couler de l’encre. C’est ainsi qu’à cette heure rouge où l’humanité cours à la dérive, il est plus que judicieux de détruire, construire et reconstruire nos élans.

Mariusca MOUKENGUE, Critique d’art, Brazzaville CONGO.

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