Maroc : Commémoration du 37è anniversaire de la disparition de Bob Marley, belle célébration du reggae au Centre culturel africain

Comme à chaque année partout dans le monde entier, des manifestations sont organisées pour honorer la mémoire du précurseur du reggae, Robert Nesta Marley. Le Centre culturel africain du Maroc sis à Rabat, ville culturelle par excellence n’a pas dérogé à cette tradition aujourd’hui vieillie de 37 ans. En effet, passionnés de la musique reggae et adeptes du mouvement rastafari se sont retrouvés le dimanche 13 mai 2018, pour une journée bien remplie et colorée en vert, jaune, rouge.

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Une fête grandeur nature aux trois couleurs panafricaines (vert, jaune, rouge) pour rendre un énième hommage à Robert Nesta Marley. Celui qui a su se rendre intemporel par son œuvre qui représente un riche héritage pour plusieurs générations. En effet, dans l’après-midi du dimanche dernier, le Centre culturel africain du Maroc était devenu trop exigu, pour contenir le monde impressionnant d’aficionados de la légende jamaïcaine du reggae ayant effectué le déplacement pour la circonstance.

« La célébration de la date de décès du prophète Marley est comme une véritable messe pour les rastas du monde entier », se réjouit Jean-Eric Dally, Directeur artistique du Centre culturel africain, lui-même un rasta convaincu. En réalité, bien plus qu’un simple moment de réjouissance, la fête du 11 mai sonne comme un appel auquel tout bon rasta ne saurait manquer. Car en effet, au-delà des retrouvailles fraternelles et du « Jah vibration » qu’ils partagent dans une ambiance folle et conviviale, les rastas mènent également des réflexions sur les acquis légués par leur guide Bob Marley, afin d’entrevoir l’avenir avec plus de sérénité.

Le reggae largement apprécié dans le monde entier

En effet, 37 ans après le départ de leur leader pour l’au-delà, le reggae n’a de cesse de conquérir du monde et des âmes qui hier lui étaient hostiles. Mieux, la culture rasta qui s’est affirmée comme un tout constitué par l’agrégation d’un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions est aujourd’hui enseignée dans nombre de familles et d’écoles dans plusieurs pays du monde.

Véritable carrefour pour l’expression des cultures africaines, le Centre culturel africain comme l’a si bien rappelé son directeur, se veut un « nouvel espace culturel pour la promotion des créations de la Culture et de l’Art pour le développement de l’Afrique par les Africains ». Pour Christian Adda, quand on sait tout l’intérêt qu’accordent les africains pour le reggae et surtout l’engagement personnel de Robert Nesta Marley pour l’unité africaine, le CCA ne saurait rester en marge d’une telle célébration. Faut-il le rappeler en effet, l’album « Survival » de Bob sorti en 1979 avec à la clé, les 48 drapeaux africains qu’arbore la pochette originale a été perçu comme un acte majeur de l’investissement du rasta pour la libération des peuples noirs. Mieux, des titres comme « Africa Unite » « Zimbabwe », ou encore « Get up, stand up, stand up for your rights », n’ont fait qu’élever Robert Nesta Marley au titre de prophète pour le continent. Autant d’exemples qui témoignent également que Bob a été un enfant béni du rastafarisme perçu comme un mouvement messianique de la Jamaïque prédisant l’avènement d’un roi noir en Afrique et qui prône le retour de toute la diaspora noire vers sa terre natale.

Un programme riche et varié

Toutes ces raisons expliquent sans aucun doute cette programmation foisonnante proposée par le CCA au public venu massivement se plonger dans la culture rasta. Au menu de la manifestation en effet, une projection de documentaire sur Bob Marley, un film sur la culture Rasta au titre évocateur de « Rastafarians coming home to Africa », l’entretien surplace des dreadlocks, la dégustation de mets divers propres aux rastas et surtout en plat de résistance, un concert tout feu tout flamme. Ici notamment, la crème africaine du reggae résidant au Maroc a été mobilisée pour un show mémorable. Après une ouverture de scène assurée par May Zay et « The Black Family », avec King Patrick en première partie, Ouahid et Naoufel, un duo du groupe « Wachm’n Hit » viendront électriser la scène. Après le prélude de Jamal dit « La Momie » le duo qui prépare un nouvel album a soulevé la foule par son reggae root et surtout un répertoire éclectique. L’un des moments forts du concert a été la prestation d’Omar qui aura émerveillé plus d’un par le Nyabinghi, un style musical considéré comme le gospel du reggae et exécuté par des tam-tams africains. Soutenu par Jah Bongo, la prestation du rasta iraquien de mère marocaine a été un pur délice qui aura réussi à faire couler dans les cœurs des spectateurs, ce rythme de la vie (Nyabinghi) que les esclaves africains jouaient dans les Caraïbes, pour invoquer les ancêtres et garder l’espoir face aux oppressions. L’ambiance sera prolongée par l’emblématique orchestre « Roots Brothers » qui a revisité le riche répertoire du pape du reggae, pour le bonheur de la famille rasta, dans une ambiance conviviale.

Par Cir-Raoul HOUNGBEDJI

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