Dak’Art 2018: Le conservateur du musée Théodore Monod répond à Ery Camara

‘’Son point de vue était contre même l’ouverture d’un musée’’

La salle d’exposition du musée Theodore Monod a reçu l’essentiel des débats des ‘’Rencontres et échanges’’ de la 13e biennale de Dakar. Lors de la première séance, le samedi 5 mai 2018, le conservateur de musée Ery Camara a dénoncé le choix de ce lieu. Pour lui, la respiration des gens présents de la salle participait à la détérioration du patrimoine. Après la dernière séance d’échanges, le conservateur du Musée de l’Ifan, El’Hadji Malick Ndiaye lui a répondu publiquement. Dans une interview, il a mieux développé sa réplique. Morceaux choisis:

El’Hadji Malick Ndiaye : Je pense que la personne qui disait ça le disait avec une grande ignorance. Elle disait que le choix de la salle d’exposition du patrimoine est un choix où les objets peuvent être menacés or il n’en est rien. D’une part ce qu’il donne comme étant un pseudo science, un semblant de science sur la conservation, récuse même cette idée du musée en tant qu’espace qui accueille du public. Dans les plus grands musées du monde, il y a du monde tout le temps. C’est plein, tout le temps. Dans ce musée, le travail que nous faisons c’est qu’il ait du monde tout le temps. Je fais parfois des cours d’histoire dans la salle. Nous travaillons à ce que les élèves fassent la queue pour entrer au musée. Que le musée accueille du public. C’est cela sa fonctionnalité. Son point de vue était contre même l’ouverture d’un musée. Je pense que c’est un point de vue qui visait autre chose. L’histoire de cette personne a quelque chose à voir avec celle du musée des civilisations. Je pense que c’était un point de vue sans intérêt et qui arrivait au mauvais moment dans un contexte qui récuse complètement son argumentaire. Il y a autre chose. Les principes de la conservation sont philosophiques et ont beaucoup évolué depuis les années 1970. Moi, je viens d’une nouvelle école. Je suis sorti de l’école du patrimoine en 2012 avec des principes qui sont totalement nouveaux et qui allient les enjeux d’un musée du 20e siècle avec des principes sur la sécurité et la sureté donc qui sont totalement maitrisés et qui savent exactement comment faire. Dire qu’il y a beaucoup de monde, les objets ne sont pas en sécurité de 9h à 14h or il y a du monde tout le temps et moins d’agents de sécurité que quand il y a des évènements, c’est une contradiction. Les principes que nous avons, que moi j’ai, sont tout à fait nouveaux, ont dépassé ces cadres primaires de ce qu’on appelle la conservation préventive. Ils sont en plus beaucoup plus rigoureux, plus regardants sur les objets. Vous savez dans les rencontres, il y a des gens qui pensent qu’il leur faut vraiment parler. Quand ils le font les non spécialistes peuvent tomber dans le panneau. Mais nous, les spécialistes, savons que ce qu’il dit ne marche que dans les grottes de Lascaux, dans des endroits totalement confinés où il n’y a aucune fenêtre ou dans un endroit conditionné. Et même dans le conditionnement climatique qui est artificiel ça ne marche pas. Ce qu’il dit sont des principes que les gens lisent comme ça dans les livres et qu’ils balancent. Ce qui est épouvantable dans ce cas-ci, c’est que la personne l’a fait en toute assurance, une grande assurance. C’est ce qui fait peur. Ces principes sont scientifiquement faux.

 

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