Dak’Art 2018 : Plurivers, un mélange d’univers pour une grande expression artistique.

Dans le cadre des expositions OFF de la Biennale de l’Art Africain Contemporain, la Villa Ovata accueille l’exposition « Plurivers« . Comme son nom l’indique, l’exposition collective est un mélange d’univers.

L’installation de Moussa Sakho est l’exemple même de cette pluralité des univers. Elle allie la sculpture, la peinture, la menuiserie, la soudure et même l’art culinaire et la gastronomie de manière virtuelle. L’artiste, un des doyens de l’édition 2018 du Dak’Art, a voulu utiliser « le poisson dans tous ses états », titre de son installation, pour véhiculer des messages qui ont trait aux traditions, à la gastronomie et à l’écologie. L’installation est composée de trois partie : la mer comme environnement naturel du poisson, la préparation et le service du ceebu jën (lire « thiébou dieune », riz au poisson, plat principal du Sénégal).

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« J’ai d’abord voulu parler de la mer qui est agressée de toutes parts. Les gens en ont fait un dépotoir, ce qui fait que le poisson devient rare.  Il y aussi les pêcheurs à la dynamite qui détruisent les récifs marins » a-t-il expliqué. Moussa Sakho se définit comme un écologiste. A travers cette installation, il dit vouloir pousser les visiteurs à s’intéresser à la récupération. « Il ne faut rien jeter. Tout peut avoir une seconde vie » ajoute celui qui se définit comme le « ressusciteur des objets« .

La suite de l’installation de l’installation se passe à la maison, entre la cuisine et l’espace de vie. On découvre une marmite en train de cuire le ceebu jën et le grand bol autour duquel la famille se réunit à l’heure du repas. « Je suis un grand gourmand et avec toutes ces agressions que subit la mer et les poissons, j’ai peur que notre bon ceebu jën ne disparaisse un jour« . Pour cet artiste autodidacte, le poisson, base de l’alimentation a aussi un rôle social. Le traditionnel repas de midi autour du grand bol a tendance à disparaître du fait des changements d’habitudes. Dans le temps c’était un moment de communion, de partage et d’éducation pour toute la famille. D’oùle fil rouge de son installation « Midi pile, bol king, l’heure c’est l’heure » parce qu’aucun retard n’était toléré pour ce repas de midi. Pour rajouter à la touche nostalgique, la chanson « Salimto » acompagne les visiteurs. Ce poème joué sur du xalam a longtemps indiqué l’heure du midi aux auditeurs de la seule radio du Sénégal pendant les années 80-90.

Plurivers accueille aussi deux autres artistes. Il s’agit du peintre Cheikh Keita avec son exposition intitulée « Du cri de cœur à l’extase d’une danse ». Quoi de plus normal pourrait-on se dire quand on sait que l’artiste est aussi guitariste au sein du groupe Takeifa qu’il partage avec ses frères. Il y aussi le sculpteur Gérard Gabayen qui a travaillé sur le thème des talibés et des enfants dans la rue avec une exposition titrée « De la rue au ‘soi’, regard sur l’indifférence ».

Plurivers c’est aussi une immersion dans l’univers d’artistes venus d’autres univers que l’art plastique. Durant le mois de la Biennale, la Villa Ovata accueille chaque samedi un artiste ou un groupe qui vient partager son univers, sa manière de crèer… Des musiciens comme Cheikh Sène alias Keyti et les Daara J Family y sont déjà passés.

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