Cinéma : Du somnambule à la nuit des rois, à la découverte de Philippe LACÔTE un passionné de cinéma

C’est au courant du mois de Février que Philippe LACÔTE a répondu à nos questions relatives à son projet de film qui à l’époque était intitulé Zama King, un film consacré à l’univers carcéral. Aujourd’hui, il s’appelle La Nuit des Rois et fait partie des dix projets sélectionnés à la Fabrique des cinémas de Cannes, un programme développé par l’institut français avec France Médias Monde  – Rfi, France 24, Monte Carlo Doualiya et l’Organisation Internationale de la Francophonie. Une première pour la Côte d’Ivoire comme l’était en 2014 la sélection de Run, au festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.

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Philippe LACÔTE ©ZAMA King

Africulturelle : Bonjour Philippe LACÔTE. Après RUN, vous êtes en plein dans votre prochain film dont la sortie est prévue en 2019. Il s’agit de Zama King, un film qui traite de la question des microbes d’Abidjan. Comment nous sera raconté cette histoire inspirée de faits réels ? Zama a-t-il une signification particulière ?

Philippe LACÔTE : Zama c’est le nom d’un personnage réel, un chef de gang à Abidjan, un « Microbe » qui a finalement été lynché par la population. C’est à partir de cet évènement qu’est parti le désir de ce film. Mais ce n’est pas un film de manière directe sur les Microbes. Cette histoire de Zama est racontée par un narrateur depuis une prison. Zama King, c’est un film sur l’univers carcéral. C’est l’histoire d’un renversement de pouvoir le temps d’une nuit au sein de la MACA, la plus grande prison de Côte d’Ivoire.

Qu’est ce qui a changé dans l’écriture initiale après votre participation dans divers ateliers dont celui du Torino Film LAB ?

Ce qui a changé, c’est justement cet équilibre. Mes histoires étant toujours double, il s’agissait de choisir, de donner une priorité au récit. Est-ce un film sur les Microbes ou un film sur l’univers carcéral ? Finalement, c’est la deuxième option qui s’est imposée d’elle-même. Le Torino Film Lab été le laboratoire de cette réflexion.

Sur un budget total de 2,4 millions d’euros, la Côte d’Ivoire participera, à travers son fonds de soutien au cinéma (Fonsic) à hauteur de 300000 euros. Quels sont les autres bailleurs du film ? Avez-vous réussi à boucler le budget ?

Nous sommes encore en recherche de financements mais c’est normal puisque le scénario vient à peine d’être terminé. En plus de la Côte d’Ivoire, le film est parti pour être une coproduction avec le Canada et la France, avec des apports de chaque pays. Nous sommes aussi en négociation avec des diffuseurs et chaînes TV. Mais cette partie est gérée par mes producteurs, Ernest Konan KOUAME (Wassakara productions) à Abidjan, Delphine Jaquet et Fanny Lehmann à Paris.

Concernant le casting, nous avons lu quelque part que vous souhaitez que les acteurs du film soient tous ivoiriens. Pourquoi ce choix ?

Non, cela n’a pas été dit comme ça. Tous les acteurs du film ne sont pas ivoiriens. Et tous les acteurs ne sont pas forcément africains non plus. Mais je confirme mon objectif avec ce film de faire tourner les jeunes acteurs ivoiriens. Il y a une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Et mon rôle est d’encourager cette dynamique. Pour info, je peux vous dire que le rôle principal sera interprété par l’acteur Isaach De Bankolé.

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Le film sera-t-il tourné dans une maison d’arrêt et de correction ou vous allez réaliser vous-mêmes le décor ?

Il y aura les deux. Une partie dans une réelle prison, et les intérieurs dans un décor.

Vous faites partie des valeurs sures du cinéma ivoirien. Peut-on dire qu’il se porte mieux ?

Ce qui se passe en Côte d’Ivoire actuellement est intéressant à plus d’un titre. Il y a une réelle volonté de la part des autorités de mettre en place une industrie. Et il y a aussi un réel potentiel d’acteurs, de techniciens et d’acteurs. Donc oui le cinéma ivoirien se porte mieux même s’il y a encore du chemin.

De votre point de vue qu’est-ce qu’il y a à améliorer ?

Le point le plus important à mon sens est la formation.

Run fut un grand succès. Quel a été le meilleur souvenir que vous avez lié à ce film ? Le pire ?

Le meilleur souvenir de RUN c’est l’énergie qu’il y avait au sein de l’équipe pendant le tournage, entre techniciens ivoiriens, burkinabés et sénégalais, avec un chef opérateur israélien. Le pire, je ne vois pas. Ca été une expérience assez exceptionnelle avec 60 pour cent de l’équipe qui faisait son premier long métrage.

Wassakara signifie quoi ? Pourquoi vous avez appelé ainsi votre maison de productions ? Et quel est l’intérêt pour vous d’organiser des ateliers de formation d’acteurs comme je l’ai vu sur votre page ? Les autres services que vous proposez ?

Wassakara Productions est un collectif que nous avons créé avec des amis d’enfance. C’est le nom de notre quartier, un quartier de Yopougon, la plus grande banlieue d’Abidjan. On a mis en place, avec Abdoul Karim Konaté, Sam Niamkey et Adelaïde Ouattara un atelier de formation d’acteurs et de de scénario. Toujours dans le sens de la formation.

Qui est Philippe LACÔTE ? Comment est-il arrivé au cinéma ?

Je suis arrivé au cinéma il y a pas mal d’années maintenant. Mon parcours est assez atypique. Je viens au départ de la création radio, du travail de reporter radio. Ensuite, je suis passé à la fiction radiophonique. C’est là que j’ai découvert un scénario et les acteurs. Par la suite, je suis allé être projectionniste. C’était une manière de voir des films. Et après en production. En parallèle de ce chemin, je faisais des courts métrages et des documentaires.

Le mot de la  fin ?

Merci.

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