Théâtre: Jazz et Vin de palme d’Emmanuel DONGALA revisité à Brazzaville

Il n’est pas nouveau mais il reste pertinent de reconnaître à Emmanuel Dongala les suffrages du grand public. Appartenant à la période nombreuse de la littérature congolaise, son œuvre, didactique et compassée, s’offre assez souvent à l’imaginaire théâtral.

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Sa nouvelle Jazz et Vin de Palme qui, par énantiosémie, a donné son titre au livre (recueil de huit nouvelles, paru en 2000 au Serpent à Plumes), a fait l’objet d’une représentation théâtrale au Cercle Culturel Sony Labou Tansi à Brazzaville, le 25 mars dernier. Proposée en prélude de la célébration de la 56e édition de la journée mondiale du théâtre, elle a été mise en scène par Alfonse Mafoua de la compagnie Négropolicongo des 3 francs et jouée par Vereve Mafoua, jeune comédien brazzavillois.

Les lecteurs se souviendront que l’auteur, avec une ingénuité burlesque et un rythme balancé, narre l’afflux soudain d’extraterrestres venus prendre possession de la planète; irruption complètement improbable, non sans influence sur la géopolitique mondiale et la psyché commune. Et pourtant pour les adoucir, il faudra très peu: le jazz et le vin de palme. Bientôt, ils disparaîtront de la surface de la terre.

L’adaptation théâtrale n’en est pas moins digne d’intérêt. Extradiégétique, comme il convient dans un one man show, l’appropriation scénique n’a pas exclu les hardiesses de la mise en scène: fond sonore de A Love Supreme de John Coltrane, devises en langue lari avec participation du public à l’heure des dialogues internationaux avec les Etats africains, comme pour restituer une certaine idée de l’orateur sous l’arbre à palabre, appréhension d’un malheur (invasion extraterrestre) notamment exprimée par de petites transes, parodie dans les échanges internationaux à travers une imitation travestie des accents swahili et chinois, yeux écarquillés face au public avec un sourire béat pendant la narration. Pour cet effet, il fallait bien un comédien, eût-il été plus vieux, volontaire, dégourdi et aisé dans sa mobilité ; avec une expressivité du geste qui ne devient jamais acratopège.

Emeraude Kouka,

critique d’art et critique littéraire

 

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