Littérature: Fouta Street, polar entre Djolof – Fouta – Brooklyn

‘’Fouta Street’’ de Laurence Gavron, édité aux éditions du masque, est un roman qui a obtenu le prix du Roman d’aventures. Il raconte selon la quatrième de couverture,  ‘’une aventure entre deux mondes qu’en apparence tout oppose ‘’.

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Couverture du livre  Crédits Photos: Laurence GAVRON 

Effectivement, l’histoire se déroule entre deux mondes que tout oppose. Ce n’est pas seulement une question d’apparence. Takko DEH est une sénégalaise, du djollof, de Lougré Thiolly ‘’le ruisseau aux oiseaux’’ en langue pulaar. Sa vie est un long fleuve tranquille, sans vague ni courant où son destin est connu d’avance : conformément à la tradition, elle va se marier avec son cousin Yoro SOW. Leur père respectif avait fait le serment de marier leurs ainés.

Cette jeune fille va après son mariage traditionnel rejoindre son mari aux Usa, à New York, Brooklyn….Atlantic avenue, Bedford à Fulton street  où se trouve le Pulaar speacking devint le quotidien de la petite haalpulaar’en qui n’a connu Dakar que le jour où elle devait prendre son vol pour les Usa.

Fulton street s’est mué en Fouta Street au vu de la forte concentration de Haal Pulaar. C’est à un voyage dans l’univers de cette ethnie que nous invite Laurence GAVRON.

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Laurence GAVRON lors de la séance de dédicace à la librairie Quatre Vents Crédits photos: Laurence GAVRON

« J’avais le titre bien avant d’avoir le livre, une amie m’a parlée il y a une quinzaine d’années de cette rue qui est à Brooklyn qui s’appelle +Fouta street+, occupée et colonisée par les peules, J’ai trouvé que c’était un bon titre », a-t-elle expliqué lors de la cérémonie de présentation de son dernier roman à la librairie 4 Vents de Mermoz.

Du Djoloff, Barkédji, au Fouta Toro en passant par Saint Louis ou Podor, escale à Dakar l’auteur nous fait découvrir us et coutumes, et l’éternel conflit de  génération dans ces zones où les femmes sont en retrait, sous estimées aussi parce qu’elles n’ont pas su ou pu avoir beaucoup d’enfants. Ces zones où aucune déviance n’est tolérée. Il y a un code de conduite à respecter : le Pulaagu –la façon d’être du peul- .

Pour l’écriture de ce livre, l’auteur a séjourné au Fouta et dans le Djoloff en 2008 et à New York en 2010 pour y mener des investigations selon l’APS. Ce qui explique les descriptions détaillées où rien n’est laissé au hasard. Ce qui permet d’appréhender la grande disparité qui existe au Sénégal entre les zones urbaines et les zones rurales, surtout celles du nord qui sont au niveau du désert du Sahel.

Laurence GAVRON franco – sénégalaise s’intéresse depuis un moment à cette ethnie. Déjà, en janvier 2011 elle a exposé à l’Institut français de Dakar 24 clichés du quotidien de cette ethnie intitulée « Haalpulaar’en ».

« Fouta street » est le troisième livre d’une trilogie après « Boy Dakar » (2008) et « Hivernage » (2009) dont Souleymane jules Faye est un des principaux personnages. Le commissaire Souleymane Jules Faye est un clin d’œil à l’artiste musicien Souleymane Faye à qui Laurence vaut une admiration sans bornes.

Très attachée au genre littéraire polar, la Franco-sénégalaise dit avoir beaucoup lu très jeune les polars américains, français ensuite. Pour elle, « le polar vous permet de parler de façon ludique et sans trop être lourd de gens et d’endroits que l’on aime ».

Le livre « Fouta street » a reçu l’édition 2017 du « Prix du roman d’aventures », une distinction décernée chaque année par la librairie des « Champs-Élysées », puis par les « éditions du Masque » à un roman policier français ou étranger.

En dehors de cette trilogie, Laurence Gavron a aussi écrit le roman Marabouts de Ficelle. Elle vit au Sénégal depuis 2002 même si elle y venait souvent depuis 1987. Elle a plus d’une dizaine de documentaires à son actif parmi lesquels  Sur les traces des mangeurs de coquillages, Le Maître de la parole – El Hadj Ndiaga Mbaye, la mémoire du Sénégal, Assiko entre autres.

Le 03 Mars à 18h, elle sera à la médiathèque de l’institut français de Dakar pour la présentation de cet ouvrage.

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