Peinture : « Quelle humanité pour demain ? »

Ethique, bioéthique, morale, devenir de l’humanité, etc. Autant de thèmes qu’aborde le tableau « Quelle humanité pour demain ? » de l’artiste-peintre Abdoulaye Diallo, dans le sillage du génial et regretté Jean-Michel Basquiat.

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Abdoulaye Diallo,  »le berger de l’île de Ngor » Crédits Photo: Amadou Bâ

Quelle humanité pour demain ? Vaste question sur laquelle l’artiste-peintre, Abdoulaye Diallo, invite tout un chacun à méditer. Par son pinceau et sa palette, lui a déjà pris les devants en présentant un tableau éloquent reprenant la question, titre de son œuvre. D’une longueur de 5 mètres pour 2,45 mètres de hauteur, « Quelle humanité pour demain » est une mosaïque de couleurs tantôt gaies, de figures graves et expressives, mêlant réalisme, figuratif ou encore l’abstrait. Le tout constitue une invite à notre société post-moderne de s’accorder une pause dans sa course folle vers le futur. Ou plutôt le futirisme. « Cette pause à laquelle l’humanité doit s’atteler s’inscrit dans le cadre d’une réflexion qui s’articule essentiellement sur l’aspect éthique », a expliqué M. Diallo, lors de la présentation de son tableau, le samedi 23 septembre 2017, sur l’île de Ngor, à Dakar.  « Ce cadre moral consiste pour l’humain à se demander comment donner une dimension morale à la science. » En d’autres termes, il en appelle à la bioéthique, seul rempart contre la tentation de Frankenstein.

Partant du postulat selon lequel l’Occident impose au reste du monde sa vision de ce que doit être l’humanité, M. Diallo, lui, fait sien la théorie de la déconstruction de Derrida pour une civilisation humaine inclusive, solidaire et morale.

« Quelle humanité pour demain », œuvre d’art 2.0 puisque bénéficiant d’un code QR, pose la problématique du devenir de l’homme en trois phases. La première s’appuie sur la loi de Gordon Moore sur laquelle repose la théorie des accélérations. Cela, dans le but de dégriser les hommes de l’ivresse de la vitesse qui les étreint et leur fait perdre le sens de la finalité de toute science, qui est la recherche du bien-être matériel et spirituel.

La seconde phase, matérialisée sur le tableau, entre autres, par des visages émaciés d’enfants victimes de viol, évoque des thèmes tels que l’inceste, la pédophilie, la zoophilie, etc. Autant d’effets pervers de la liberté ou plutôt du libertinage, du vice poussé à l’excès. Des tares que M. Diallo assimile au terrorisme, si l’on y ajoute la tentative du traçage des humains, des manipulations génétiques, etc.

La troisième et dernière phase du tableau se veut optimiste quant aux avancées et progrès de la science qui, faut-il le rappeler, doit toujours avoir comme repère la maxime de Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Enfin, « Quelle humanité pour demain », anticipe sur la biennale de Dakar de 2018 dont le thème pour les expos in s’intitule : « Une nouvelle humanité » et les expos off : « Je suis l’heure rouge », extrait de « Et si les chiens se taisaient » d’Aimé Césaire.

Amadou Bâ

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