Berni GOLDBLAT: Les autres pays jalousent le Sénégal à cause du Fopica

Comme il le fait presque partout où ‘’Wallay’’ doit être projeté, Berni Goldblat a  assisté aux séances sénégalaises. Il était à la clôture à l’institut culturel Léopold Sédar Senghor qui accueillait la clôture de la 17e édition du festival Image et Vie. C’était l’avant premier de ‘’Wallay’’ avant que Canal Olympia ne le reçoive deux jours après. Entre les deux projections, Berni Goldblat s’est entretenu avec Africulturelle.

‘’Wallay’’ est déjà vu dans plusieurs pays. Aujourd’hui, c’est au Sénégal de l’accueillir. Cette projection est-elle comme toutes les autres pour vous ?

Je suis très content que le film soit vu ici. C’est un pays que je connais et que j’aime bien. J’ai vécu à Ziguinchor pendant longtemps. Je compte beaucoup d’amis ici aussi dans la profession, donc c’est naturellement que j’ai dit oui quand on m’a proposé de venir ici.  Je n’ai pas hésité, parce que c’est un peu chez moi ici aussi. Le film se passe au Burkina, mais il aurait très bien pu se passer au Sénégal. D’ailleurs, le scénariste original de l’histoire du film est David Boucher qui est un Franco-Sénégalais. Il avait écrit le film pour qu’il soit tourné au Sénégal. Après, j’ai réécrit l’histoire et je l’ai réadapté. C’est super de pouvoir le présenter ici. C’est vrai que le film voyage beaucoup, mais il est important qu’il soit vu en Afrique et dans de bonnes conditions.

Comment vivez-vous les avant-premières partout où vous passez ?

Cela dépend d’où je suis. Ici, par exemple, c’est particulier, parce que je compte beaucoup d’amis dans le public. Il y a beaucoup de familiarité avec des gens. Il y a les amis, des techniciens et des producteurs. Donc, je regarde cette projection de manière particulière, parce qu’il y a des fois où on est à des endroits où on ne connait personne. C’est intéressant, parce que tu es excité, mais ce n’est pas pareil. Je suis particulièrement ému de le montrer ici. Après le CCF, il sera projeté vendredi soir à Canal Olympia. C’est pour cela que je n’ai pas hésité à venir, malgré un calendrier fou. J’étais à Londres avant-hier, avant j’étais  à Namur, à Francfort, à Cologne. Donc j’ai coincé ce voyage comme j’ai pu, je ne voulais pas rater ça.

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Comment trouvez-vous le festival Image et Vie ?

C’est un festival que je connaissais déjà. J’ai des films qui ont participé. Mais c’est la première fois que je viens y assister. Je connais bien Khalilou Ndiaye pour son sérieux et le travail qu’il abat dans la distribution. Je n’ai malheureusement pas pu assister aux projections. Mais c’est un festival qui a déjà plusieurs années et qui a une réputation malgré sa modestie de rendez-vous important. C’est un espoir aussi, parce que c’est un festival qui permet aux jeunes réalisateurs de montrer leurs films et aux films d’être vus par des publics des quartiers populaires. C’est important.

Parlant des jeunes réalisateurs, le thème, cette année, du festival est ‘’Cinéma et insertion professionnelle des jeunes’’. Pour vous, quel est le meilleur créneau pour donner à ces jeunes une chance ?

Je pense que plus il y aura de plateaux de cinéma, plus ces gens-là pourront avoir une chance de faire ce métier. Ainsi, ils pourront se former et s’initier à la pratique. Moi, je fais partie des gens qui ont appris sur le tard, comme on dit, en étant d’abord un apprenti. Il est très bien de passer par une école. Mais s’il n’y a pas de plateaux après, ce qu’on y apprend ne sert à rien. Pour moi, les plateaux de cinéma sont également des écoles. C’est important, quand on tourne un film, de donner la place à des stagiaires et à des jeunes, parce qu’en un mois, ils apprennent plus qu’en un an. Dans mon film, j’ai accueilli quelques stagiaires qui ont, je pense, beaucoup appris. Au Sénégal, avec le FOPICA (NDLR : Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle) vous allez avoir plus de plateaux. C’est une bonne chose et tout se tient.

Ce fonds fait des jaloux en Afrique, vous disiez tout à l’heure avant la projection de votre film. Pourquoi, à votre avis ?

Le Sénégal est vraiment dans l’avant-garde. Par rapport aux autres pays africains, il est un modèle. Les autres pays le jalouse, parce qu’avoir un Etat qui a compris le rôle et l’importance du cinéma en acceptant de mettre deux milliards pour financer le secteur, c’est fou. C’est quelque chose de génial. Nous, au Burkina, ce n’est pas du tout pareil. Nous espérons que ce que le Sénégal fait serve d’exemple. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui, de plus en plus de films sénégalais sont distingués à travers le monde. C’est tout à fait normal. L’Etat du Sénégal a compris que le cinéma est un vecteur de développement, de croissance économique, d’images.

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