Littérature: Critique de Denis Sassou N’Guesso, la cour des grands et 2016: demain quel destin?

Urbain Ockh est journaliste et directeur du bimensuel Eveil d’Afrique. Il est l’auteur du livre Denis Sassou N’Guesso, la cour des grands et 2016: demain quel destin?, (109p.), paru aux Éditions Persée, qui a récemment fait l’objet d’une présentation-dédicace à Brazzaville.

Il n’est pas mieux pour révéler l’intention première de l’auteur que l’épigraphe, une citation de l’écrivain et historien britannique Thomas Carlyle: ‹‹ L’histoire du monde est la biographie des grands hommes ››.  Il apparaît évident que l’auteur a voulu romancer le parcours de Denis Sassou N’Guesso, comme le montrent aussi le titre Denis Sassou N’Guesso, la cour des grands et 2016: demain quel destin? et le genre littéraire récit; la méprise, étant entendu qu’il s’agit, de fait, d’un témoignage.

Dès l’abord, les gravités nobles qui inspirent la considération, commandent le respect et les égards. Il esquisse à grands traits le cheminement d’hommes remarquables et charismatiques. Nelson Mandela, Mao Zedong, le Roi David (de l’Ancien Testament biblique), Charles De Gaulle et Denis Sassou N’Guesso eurent cet honneur. Les termes sont laudatifs d’un ‹‹ héro ›› à un autre: modèle de courage et d’amour (page 15), un stratège révolutionnaire (page 23), un berger aux commandes d’Israël (page 27), le sauveur de la France (page 31), un fils de chausseur à la magistrature suprême (page 33). Le panégyrique fait la plus grande dignité à Sassou N’Guesso, président de la République du Congo. Sa vie publique est appréciée suivant les traits: un pacificateur avéré (page 41), noblesse oblige (page 43), un panafricaniste visionnaire (page 51), un leadership sur l’échiquier international (page 63) et l’art de conquérir et de gérer le pouvoir (page 69).

En prime, la succession au pouvoir de Son Excellence. On invoque Louis XV et Madame de Pompadour avec l’illustre ‹‹ Après nous, le déluge ›› (page 100). Denis Sassou N’Guesso, en fin de mandat, est embarrassé et doit trouver quelqu’un de sûr pour présider aux destinées de son pays. Aux pages 101 et 102, il est comparé au prophète Samuel de l’Ancien Testament de la Bible qui, au seuil du trépas, devrait oindre un roi pour diriger le peuple d’Israël.

De toute évidence, le livre est limité dans le temps. Denis Sassou N’Guesso, a priori incontournable, a, après l’entrée en vigueur d’une sixième constitution à la fin de l’an 2015, obtenu le droit de briguer un autre mandat.

Aussi, est-il loisible de s’interroger sur la pertinence d’un tel témoignage à une période où les dettes publiques obèrent les comptes du pays, la vie sociale est précaire, les habitants du département du Pool vivent dans la peur de l’arbitraire et la rectitude politique est une vaseuse entreprise.

Emeraude Kouka, critique d’art et critique littéraire.

 

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