Découverte : Le photographe Zed entre absence et présence

Membre du collectif Génération Elili, Chansard Ziavoula dit Zed est un photographe que nous avons aperçu aux huitièmes jeux de la Francophonie à Abidjan en Côte d’ivoire. Il était la mention spéciale du jury. Nous avons eu l’occasion de le côtoyer durant la sixième édition de la Rencontre Internationale de l’Art Contemporain à Brazzaville, au Congo.

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Qui est Lebon Chansard Ziavoula dit Zed ?

Je suis diplômé en communication documentaire de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, artiste photographe, Chargé à la communication du Collectif Génération Elili et Directeur artistique de la plateforme la congolaise 242.

Votre parcours artistique ? 

Mon parcours artistique commence lorsque je rencontre Lumière Moussala et Baudouin Mouanda, deux photographes congolais de renommée internationale et membre du Collectif Génération Elili dans les années 2006 -2007. C’est en les fréquentant que je me suis lancé dans le monde de la photographie artistique qui était jusque-là un nouveau monde pour moi car, avant je fréquentais mon oncle paternel qui tenait à l’époque un studio photo dans un quartier populaire de Brazzaville, Moungali.

Après plusieurs ateliers de formation,  j’intègre finalement le Collectif Génération en 2010 après une période d’observation de six mois.

Vous avez participé aux huitièmes jeux de la francophonie en Côte – d’Ivoire où la mention spéciale du jury vous a été décernée. Que retenez – vous de cette participation ?

Placé sous le signe de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, les huitièmes jeux  de la francophonie ont été un riche moment de partage avec des photographes venus d’autres Pays. J’ai beaucoup appris et passé des moments inoubliables à Abidjan. Le peuple ivoirien est un peuple hospitalier. Je me suis senti chez moi.

Retour à Brazzaville, la sixième RIAC organisé par les Ateliers Sahm. Votre histoire avec ce haut lieu de culture ?

Les Ateliers Sahm, c’est un centre que je fréquente depuis sa création en 2012. Je puis le dire que je suis un ami fidèle des Ateliers. Je profite de cette occasion  pour   rendre un hommage vivant à Bill Kouelany, Directrice Artistique et promotrice des Ateliers pour tout ce qu’elle entreprend. Aujourd’hui, les Ateliers Sahm sont devenus un lieu d’expression et de partage.

Qu’est- ce qui vous a le plus marqué dans cette sixième édition ? 

Après plusieurs éditions de la RIAC, c’est finalement à cette sixième édition que j’ai pris la décision d’y participer. Au début, j’ai été attiré par l’atelier marché de l’art, un atelier que Bill Kouelany m’avait vivement conseillé. A la fin de l’atelier marché de l’art, je me suis inscrit en atelier vidéo d’art.

Je sors de cette sixième RIAC avec un sentiment de joie, car mes attentes ont été au rendez-vous.

Je salue l’esprit de partage de tous les encadreurs et des participants venus des différents horizons.

Votre bilan ?

Aujourd’hui mon travail artistique traverse les frontières, je ne peux que m’en réjouir.

Après la RIAC, Zed expose au PEFACO hôtels Maya Maya 5˟ sur les « Couleurs de Brazza » Pourquoi ce nom et le contenu de l’exposition ?

« Couleurs de Brazza » est un reportage photographique sur les enseignes peintes à la main. Ce travail est parti d’une observation. Dans plusieurs villes africaines contemporaines, à Brazzaville particulièrement, les murs des commerces, des salons de coiffure, des poissonneries, des restaurants etc. portent des visages d’une idole de la musique, d’un professionnel de football ou de personnages mis dans une scène  qui évoque le quotidien. Ces visages dont la représentation  tient de l’habileté d’artistes, autant ingénieux et fantaisistes, mêlent, à l’envie, une sorte d’esthétique qui ne laisse aucun regard indifférent.

C’est un embellissement de l’architecture qui s’écarte des habituels fresques et graffiti, qui crée ses propres codes et fonde ses propres usages. En tant que artiste photographe, c’est ma façon de représenter la ville de Brazzaville à travers ses neufs arrondissements, une ville bouillonnante au rythme de la rumba et du coupé décalé.

Je profite de cette occasion pour remercier Monsieur Alexandre Becher, Directeur Artistique et Relations Publiques de PEFACO hôtels Maya Maya 5˟ de m’avoir exposé dans ce luxueux hôtel de la place.

Zed est membre du Collectif Génération  Elili. C’est quoi ce Collectif ?  

  « Génération Elili » est un collectif d’artistes photographes crée en 2003 par          un noyau de photographes à l’issue d’une formation professionnelle organisée par le projet d’appui aux arts plastiques (PSAP) et financée par l’Union Européenne, avec le concours des Centres Culturels Français de Brazzaville et de Pointe-Noire et l’Association Nouvel’Art. En effet, cinq photographes avaient pris part à cette formation, lesquels ont ensuite souhaité se structurer autour d’une identité commune et donné ainsi une nouvelle dimension à l’art photographique congolais : partager davantage, s’ouvrir aux autres, mutualiser les moyens et les compétences pour développer leurs passions et faire valoir la photographie contemporaine congolaise et leurs pratiques au sein de leur territoire et au-delà des frontières.

 Prenant la culture photographique comme point de départ, les membres du Collectif ont ensuite mélangé  les genres en se nourrissant d’autres esthétiques et en s’ouvrant à de nouvelles pratiques. Ils présentent aujourd’hui un riche panel de compétences : photojournalisme, infographie, vidéo d’art, critique d’art etc.

Enregistré au journal officiel et reconnu officiellement au ministère de la Culture et des Arts, le Collectif Génération Elili poursuit sa mission en organisant régulièrement réunions, conférences, expositions, ateliers, projections et balades photographiques etc. le but est de faire découvrir la culture photographique, documenter l’Afrique en général et le Congo Brazzaville en particulier.

Sollicité à travers le monde, le Collectif Génération Elili doit sa renommée, à son engagement, son dynamisme, son professionnalisme, mais aussi et surtout sa soif d’apprendre et de former les autres  en vue de pérenniser le métier de la photographie de manière professionnel. Le Collectif a participé plusieurs fois à la biennale de Bamako, à la Biennale Congolaise des Arts et des Lettres, au Festival Africaribu. À exposer aux Centres Culturels Français de Brazzaville et de Pointe-Noire, au Centre Culturel Russe, au Palais de Parlement, lors du Festival Etonnant Voyageur, au Musée Dapper, au Musée du Quai Branly etc. Les photographes ont également participé à des expositions collectives et individuelles au Congo Brazzaville comme à l’étranger. Ils ont travaillé avec les grands noms de la photographie à l’image de David Damoison, Hector Médiavilla et collaborent régulièrement avec quelques revues à travers le monde.

La détermination et l’engagement du Collectif permettent aux photographes le composant, de se risquer sur des terrains méconnus et d’en rapporter la matière d’une recherche photographique partagée : Commande, reportage, recherche, vision personnelle et artistique. Le Collectif ouvre toutes les portes, aborde toutes les techniques et méthodes de la photographie contemporaine, sans « tabou ». Sa structuration et son énergie lui permettent de multiplier idées et projets. Ce qui a permis d’ailleurs au Collectif d’organiser en 2011, en partenariat avec Afrique in visu, un atelier d’échange interculturel recherche et photographie sous le thème : « Comment structurer un réseau de photographe en Afrique Centrale ? », suivi d’un atelier des photographes africains en 2013, financé par l’Institut Français.

Le Collectif Génération Elili est un lieu de partage d’un nouveau genre, bâti sur une amitié généreuse et folle. Il tient à cœur aux membres du collectif de transmettre les valeurs de l’art photographique et leur savoir-faire, afin d’éveiller la conscience collective des citoyens et faire de Brazzaville, l’une des plaques tournantes de la photographie dans la sous-région et à faire de l’image un élément important dans le paysage culturel congolais.

 Au-delà de leur démarche individuelle, les vingt membres que compte aujourd’hui le Collectif se lancent, ensemble, dans des aventures photographiques d’un autre ordre, aux allures de performances artistiques. Des thèmes communs sont traités chaque année et soumis à des discutions collégiales à bâton rompu. Cela permet aux membres de se familiariser tel dans une école de formation.

Depuis 2015, le Collectif s’est doté d’un terrain derrière le lycée agricole à dix-sept kilomètre, sur la sortie Sud de Brazzaville, dans le neuvième arrondissement, Madibou. Ce nouveau siège construit sur fonds propre, se veut un espace de travail, d’exposions, des résidences, propose débats, ateliers, projections photographiques. L’espace est ouvert à d’autres artistes et aux publics se donnant au gout l’art.

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