Arts visuels: Moudoumango de Ori Huchi Kozia, prix Orisha vu par Emeraude Kouka

Mardi 3 octobre 2017 à Paris, le Prix Orisha pour l’art contemporain africain a été décerné à Ori Huchi Kozia, vidéaste congolais, pour son film expérimental Moudoumango. Emeraude Kouka, Critique d’art et critique littéraire nous décrit l’œuvre et l’univers de l’artiste.

Les films Hybride et Le cœur de la bête — entre autres productions — le plaçait déjà dans un imaginaire invraisemblable. Avec lui, on est hors du temps, on appréhende le monde par le regard d’un fou, l’ordre social est risible, le fantasque permet d’échapper à la réalité d’un monde chaotique mais l’anarchie de l’extravagance est rattrapée par l’urgence de repenser la vie, de fonder une société idéale. Ces traits rappellent nettement les écrivains Tchicaya U Tam’si et Sony Labou Tansi.

Moudoumango exhume un mythe du royaume Kongo et nous emmène de plein saut dans le fantastique. Au vrai, c’est un être incoercible qui horrifie. Surhomme. Monstre qui surgit du lac. Violente bourrasque en tourbillon qui cause des dégâts. Sorte de cerbère. Sorte de Godzilla. Sorte de Nessie ou de son cousin bantou Mokele-Mbembe. Et, pourtant, il sera notre guide dans l’abîme brazzavillois.

La fantaisie sert derechef de prétexte à la satire et suggère une autre façon de considérer le drame existentiel dans le présent et à travers le temps.

 

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