Découverte musicale : A la rencontre de Bo Diaw

Bo Diaw est un artiste, auteur, compositeur et interprète qui vient de sortir son premier single au Sénégal. Yaw laye weur (c’est toi que je cherche) est le titre. Il a été concocté au studio sankara et porte la signature de l’arrangeur malien Ben Aflow. Ce dernier a su se faire un nom à Bamako en étant le beatmaker du rappeur malien en vogue Tal B. Au Sénégal, il a déjà collaboré avec Waly Seck, et Didier Awadi pour le titre Japp Ci, mais aussi avec Maître Gims et Black M. Avec Bo Diaw, ils se lancent dans l’aventure Pop Afrobeat.  Un son où en wolof, Bo Diaw rend hommage à la femme sénégalaise, femme africaine, qu’elle cherche, celle qui s’occupe de lui et qui est à honorer.  A écouter avant de lire l’entretien que le jeune prodige de la musique nous a accordé.

Au Sénégal, vous avez sorti un single le 16 Août dernier. Parlez-nous- de ce single

J’ai lancé un single qui rend hommage à la femme sénégalaise. Le titre c’est Yaw laye weur (c’est toi que je cherche). C’est un hommage à toutes les femmes noires, africaines, sénégalaises qui ont beaucoup soutenu la culture et qui nous ont tout le temps bercés dans tous nos délires. Je me devais de faire ça et de sortir le titre au Sénégal. Une chanson qui mélange de la pop, de l’afrobeat avec des paroles en wolof. Et le morceau est bien reçu.

Vous avez collaboré avec quels artistes pour ce morceau sur le plan musical ?

Le beatmaker, c’est Ben Aflow. Il a déjà collaboré avec Maître Gims de la France, Black M. Il était de passage au Sénégal. Je précise que c’est un malien. Il y a Cheikh Anta, le percussionniste de Waly Ballago Seck et Yatma Thiam qui a fait le Tama (Tambour d’aisselles), Studio Sankara  entre autres qui ont travaillé à la réussite de ce projet.

C’est le premier single que vous sortez au Sénégal ?

Exactement ! Plusieurs à l’étranger, au Canada plus particulièrement au Québec. Mais pour le Sénégal, c’est la première fois que je viens ici, dans ma terre natale et sortir un titre comme Yaw laye weur parce que je ne pouvais pas sortir ça ailleurs qu’ici.

bo

© Izzo Lo

 

 

Bo Diaw, c’est votre nom d’artiste maintenant. Pourquoi avoir choisi ça ?

C’est mon surnom et ça vient de mon enfance. Dans la banlieue à Pikine, ils ne connaissent pas mon vrai nom. A l’époque, ma grand-mère me disait tout le temps que j’étais beau et c’est comme ça que c’est devenu mon surnom. Mon nom d’artiste avant, c’était Bamba Diaw. A l’étranger, les gens aimaient beaucoup parce que ça rappelait la Bamba  qu’il fredonne (Para bailar la bamba
Para bailar la bamba
Se necesita una poca de gracia
Una poca de gracia pa mi pa ti in La Bamba de Los Lobos).

Les gens trouvaient ça très beau. Ça fait huit ans que je tourne avec ce nom-là. Mais récemment, j’ai eu droit à des critiques. Et je me suis dit pour ne pas heurter la sensibilité de certains, et éviter certaines paroles vexantes à ma famille, je me devais de changer de nom. J’en ai parlé à des amis, ils m’ont encouragé à prendre mon surnom. Et voilà, c’est Bo Diaw au lieu de Bamba Diaw.

Quelles sont vos influences musicales ?

Au Sénégal, j’écoutais beaucoup la musique traditionnelle et des ténors comme Youssou Ndour, Baba Maal, Omar Péne, Cheikh Ndiguel Lô, Ndiaga Mbaye. J’écoutais aussi les rappeurs comme PBS,  Daara J. Les artistes étrangers, j’écoutais beaucoup Michael Jackson. Il m’a beaucoup influencé. Jusqu’à présent, j’écoute beaucoup de musique Pop, Rnb, Soul, de Reggae Dancehall, Bob Marley. J’écoute tout le monde. Tous ceux qui font de la bonne musique.

Votre single, vous la présentez comme pop, afrobeat qui rappelle la nouvelle vague Naija..

Exactement. Les gens qui ont réussi à rester au diapason sont ceux qui ont su s’adapter. Akon a sorti son premier album qui était vraiment rap, il a changé par la suite et a pris une direction pop qui avait surpris. Mais c’est avec cette musique qu’il a su consolider sa popularité. Rihanna, Beyoncé, Chris Brown ont su évoluer. Ceux qui voulaient rester dans exactement ce qu’ils faisaient sans prendre de risque, ont à un moment ou à un autre perdu de leur aura. Il faut suivre la musique qui évolue. Youssou Ndour et Viviane sont en train de le faire. Et aujourd’hui, on parle d’Afrotrap. Ce qui est important, pour la première fois, au lieu de musiques du monde, on nous donne quelque chose qui nous appartient. Cet afrotrap qui commence à évoluer. Et en tant qu’africain, au lieu d’attendre que d’autres viennent s’approprier de notre musique, nous devons l’exploiter.

On peut s’attendre alors à vous voir faire du Pop Mbalakh ?

Oui, pourquoi pas.

Même un mbalakh pur et dur ?

Je ne pense pas un mbalakh pur et dur. Ça va toujours rester dans mon horizon pop. Je ne peux pas faire du mbalakh pur et dur. Peut-être dans un spectacle, on peut contourner les règles et en faire mais ce n’est pas dans ma direction musicale. Je laisse ça aux amis qui sont excellent dans ce domaine.

Un album en préparation ?

Oui, on est en train de préparer un album. Après Yaw laye weur, il y a d’autres singles qui vont suivre.

Ce sera fait au Studio Sankara ?

Il se pourrait que ça soit ici, ou à cheval entre le Canada ou quelque part où je serai dans le monde. Ce sera une production 100% africaine.

Au Canada, comment se porte votre carrière artistique ?

Super bien ! On est là-bas, on fait de notre mieux. On fait des festivals, on joue avec des amis, on tourne un peu. J’ai senti le besoin de venir travailler avec Didier Awadi dans le cadre de son prochain album qui s’appelle Made In Africa qui va sortir bientôt. On a fini le projet et on va lancer ça et j’espère que les sénégalais vont vraiment apprécier ce projet.

Et ce qu’au Canada c’est facile pour un artiste sénégalais de se faire un nom ?

Non, ce n’est pas facile.

On a vu Elage Diouf…
Elage Diouf, on habite ensemble. Il m’appelle son jumeau. Je le connais depuis 2006. Quand il a sorti l’album qui l’a fait connaitre au Sénégal (Aksil, 2010) on a fait une tournée ensemble en 2012. On est vraiment des potes. On fait des soirées ensemble, avec son frère Karim Diouf qui n’est pas aussi connu mais qui fait de la très bonne musique à Montréal. Comme tout le monde, on bouge là-bas mais y a des gens qui ne sont pas connus comme Boucar Diouf, humoriste. Ce n’est pas facile parce qu’on n’est pas chez nous. Il y a toujours un côté ‘’tu n’es pas canadien’’. Les blancs sont favorisés. Ils consomment quand même notre musique. Il y a un peu de respect. Je salue le gouvernement canadien qui aide beaucoup les musiciens là-bas. Quand vous êtes musiciens là-bas, il y a beaucoup de structures, de formules, de plateformes pour aider les artistes dans la création.

Une aide qui n’existe pas par exemple au Sénégal ?

On voudrait que ça existe ici parce que ça aide. On ne peut pas penser le matin à la dépense quotidienne, les enfants qui ne mangent pas, courir partout pour avoir de l’argent et avoir un esprit créatif. C’est très difficile. Pendant ce temps ailleurs, on soutient les artistes avec des subventions qui leur permettent de rester chez eux et de pouvoir se consacrer à l’écriture, la composition ou la création d’œuvres originales.

En dehors de la musique, dans quoi s’active Bo ?

 A la base, je suis menuisier. J’exerce dans le domaine de l’aluminium. J’ai quinze ans de métier. J’ai travaillé dans la plus grosse compagnie de Montréal pendant dix ans. C’est Fenestration Lessard qui fait tout ce qui est vitrerie. Je suis aussi dans beaucoup de choses mais comme la musique a toujours pris beaucoup de places chez moi, ça a pris le dessus.

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