Peinture: Mbaye Babacar Diouf pour la reconnaissance de l’Islam comme civilisation

Champion du Sénégal de Karaté en 2016, Mbaye Babacar Diouf est un artiste plasticien, professeur d’arts plastiques qui se fait une place au soleil sans tambours, ni trompettes. L’homme veut passer inaperçu mais ses œuvres ne le laissent pas faire. Elles provoquent des émotions, suscitent des débats et finalement obligent leur auteur à sortir de sa réserve afin d’expliquer sa démarche artistique. C’est lors de la biennale 2016 que nous l’avons connu. C’était sa première sélection dans la compétition officielle. Il en était fier. Fierté accentuée par le fait que suite à la biennale, la vente de son tableau ‘’en action’’ lui a permis de réaliser un de ses rêves: permettre à sa mère de faire son pèlerinage à la Mecque, cinquième pilier de l’Islam. Islam, sa religion qu’il est important de montrer en tant que civilisation. Tout le sens de sa participation à l’exposition Trésor de l’islam en Afrique de Tombouctou à Zanzibar qui se tient à l’institut du monde arabe en France. Entretien.

 

babacar

Mbaye Babacar Diouf devant ses œuvres crédits Photos: Profil facebook artiste

Africulturelle : Mbaye Babacar Diouf dites nous d’abord, en tant qu’artiste comment appréciez-vous cette initiative qui intervient dans un contexte où islam rime avec terrorisme?

Babacar : Pour moi, c’est d’une importance capitale de monter le véritable visage de l’islam d’abord en tant que religion mais surtout en tant que civilisation. C’est dans cette perspective que la création artistique devient un prétexte pour aborder la richesse de ma création artistique qui a traversé l’histoire avec plusieurs modes d’exploitation et le travail de différents artistes contemporains qui s’inspirent de valeurs islamique dans la démarche plastique, la dimension histoire ou dans les thèmes abordés

Comment avez-vous trouvé l’exposition ?

C’est une belle exposition avec des œuvres anciennes et contemporaines. Le tout dans un mélange d’histoire, de pratiques sociale et d’aspiration spirituelle. La scénographie est magnifique et permet au public d’apprécier la valeur de chaque œuvre

C’est suite à un appel à candidature que vos œuvres ont été choisies?

Pour le choix de mes œuvres, l’institut du monde arabe (IMA) a vu mon travail à la biennale de Dak’art 2016 dans le IN a l’exposition internationale à l’ancien palais de justice et dans le OFF avec la Galerie africaine dirigée par Aude Minart. Mon travail sur les signes illustre le thème de l’exposition, c’est ainsi que j’ai été choisi pour cette belle exposition qui dure jusqu’au mois de juillet.

Qu’elles sont ses œuvres choisies?

Deux de mes œuvres ont été choisies, « Inoubliable » 2m / 1m50 et « trois maitres« 2m / 1m60

Elles rappellent la série que vous aviez présentée lors de l’exposition internationale du Dak’art 2016… (cf. Critérium en action)

« Inoubliable » est le titre qui me permet de traduire un moment fort dans la vie d’une personne ou dans la trajectoire d’une société. C’est une œuvre avec des signes qui se succèdent de manière horizontale avec beaucoup de rythme comme les événements de la vie. On voit une bande horizontale très sombre qui traverse le tableau pour marquer sa présence. « Trois maitres » est un hommage rendu aux maîtres spirituels qui dirigent des voies mystiques et assure le duc de leurs disciples dans le respect des préceptes religieux pour des stations spirituelles supérieures qui traduisent la parfaite communion avec le créateur. A noter qu’il existe plusieurs voies soufis, leurs méthodes d’éducation diffèrent mais le but reste le même. Dans cette œuvre, les signes symbolisent les pratiques perpétuelles, les secrets et expériences mystiques dans la recherche de la gnose. Ainsi le signe codé, abstrait ou intelligible est un passage d’une étape à une autre. Il est donc symbole, sens et force. Donc cette relation magique entre le graphique et la métaphysique, le visible et l’invisible.

MBAYE BABACAR DEVANT SA TOILE EN ACTION

Mbaye Babacar Diouf a t’il toujours son carnet de note et son critérium? 

Mbaye Babacar Diouf a toujours une démarche artistique avec deux facettes: les signes et les personnages stylisés. J’essaie d’évoluer dans le sens de la découverte et de l’eff et de surprise. Pour moi, créer c’est se découvrir et jusque-là je ne sais pas qui je suis

Peut-on s’attendre à le revoir avec de la peinture acrylique ou autre?

Je pense utiliser tout ce qui me passe entre les mains pour créer et découvrir de nouvelles fenêtres de ma personnalité à travers le dialogue avec mes œuvres. Je ne me fixe pas d’outil, de manière de travailler, de thèmes ou de genre…. Tout dépend de ce que je ne peux définir en moi et qui fait que je suis artiste

En dehors de cette exposition, votre actualité?

En dehors de cette exposition, mon actualité tourne autour du sport, de l’enseignement et de la recherche artistique. Je dois représenter le Sénégal aux prochains jeux de la francophonie en Côte d’ivoire du 17 au 31 juillet dans la catégorie peinture. Je rêve d’honorer mon cher pays à ce rendez-vous et au retour continuer mon travail dans mon coin comme toujours.

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