Sénégal – Des acteurs culturels réagissent au discours de Macky Sall : « Tout est dans l’attitude… »

Aussi «étrange» que cela puisse paraître, pour reprendre la formule du journaliste Aboubacar Demba Cissokho, la culture s’est quasiment retrouvée au cœur du traditionnel discours du chef de l’Etat, rituel de chaque veille de 4 avril, Fête nationale de l’indépendance du Sénégal. Et pour quelqu’un comme le coordonnateur de l’Association des Diffuseurs Artistiques et Festivals du Sénégal (Adafest), «il faut (tout simplement) s’en féliciter». Oumar Sall donne ainsi l’exemple de la Sénégalaise du Droit d’Auteur et des Droits Voisins (SODAV), un «grand acquis», même s’il y a encore «des choses à faire», ou de la Mutuelle de santé des acteurs culturels, «un acquis institutionnel dont il faudrait faire un outil pratique».

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Oumar Sall, Coordonnateur ADAFEST

Dans son discours, Macky Sall a aussi annoncé qu’il rencontrerait les acteurs culturels : quand, où ? On n’en sait pas davantage…Toujours est-il que selon Aboubacar Demba Cissokho, les acteurs culturels ne devraient surtout pas être «dans une position d’attente», ce qui équivaudrait plus ou moins à «venir pour écouter». Le journaliste pense d’ailleurs à une «concertation préalable, secteur par secteur», sans oublier selon lui que tout le monde devrait se sentir impliqué, histoire d’éviter qu’il y en ait quelques-uns pour «sortir du bois», après-coup, et reprocher aux autres de ne les avoir «pas contactés» ou mis au parfum.

Comme lui, Oumar Sall de l’Adafest s’est aussi intéressé à la façon dont il faudrait se présenter à cet «important rendez-vous», et dans sa vision des choses, il y aurait même quelques sens interdits : «Il ne faudrait pas, insiste-t-il, que l’on y aille pour poser des préoccupations d’ordre social. On n’y va pas pour demander à ce que le Président nous aide. Il faut sortir de ce schéma-là où l’on pose toujours la question culturelle sous l’angle de la demande sociale. Nous y allons donc en tant qu’acteurs du développement, avec des entreprises culturelles, avec des acteurs forts». Ce qui signifie donc que ce rendez-vous va devoir être préparé ; «concertation» disait aussi Aboubacar Demba Cissokho, qui parle de cette rencontre comme d’un «rendez-vous du donner et du recevoir».

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Aboubacar Demba Cissokho, journaliste culturel à l’APS.

Face au président de la République, dit encore Oumar Sall, «des acteurs du développement, des entreprises, avec des préoccupations, avec des difficultés, mais qui restent très engagées à faire de la Culture un secteur qui rapporte. On ne va pas au ministère du Développement social, on n’y va pas (à cette rencontre) pour dire qu’on est malade, ou qu’on est dans le besoin».

Mais disons que de façon générale, le discours du chef de l’Etat fait forcément penser à l’un de ses engagements de ce début d’année : faire de 2017 l’année de la Culture. Mais attention, prévient Aboubacar Demba Cissokho, qui laisse entendre que l’action culturelle ne saurait «se contenter de quelques activités ponctuelles : c’est un travail qui se fait dans la durée. Les centres culturels et les artistes sont là toute l’année. C’est une bonne chose d’insister sur la Culture, mais encore faudrait-il que ce soit sur la base d’une vision à long terme».

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