Ibuka Ndjoli – Une place là haut : Un appel à la tolérance

Il est jeune, prolifique et plein d’idées. Il a publié en début de l’année 2017 son premier roman papier, publié aux Editions Kusoma de Kusoma groupe. Une place là-haut dont il parle, entre autres sujets, dans cet entretien qu’il a accordé à @friCulturelle.

 

Africulturelle : Ibuka Ndjoli vous êtes l’auteur du roman Une place là-haut. De quoi parle ce roman?

Ibuka Ndjoli : Une Place Là-Haut est l’histoire de la quête, ou de plusieurs quêtes, d’un idéal. Cet idéal, représenté ici par « là-haut », diffère en fonction des personnages. Eric, jeune homme tourmenté par ce qu’il pense être une malédiction, est en quête de réponses, mais aussi d’une certaine forme de rédemption. Alilah, une jeune femme à laquelle on aurait dit que tout sourit, est à la quête d’elle-même. Nafissa, la mère d’Eric, tourmentée par son propre passé et le devenir de son fils, est en quête de paix. Ralph, jeune entrepreneur, est lui en quête d’un sens à sa vie qui ne soit pas lié à son travail. C’est de ces différentes quêtes dont parle en particulier le roman.

A.C : Inspiré de faits réels ou bien?

I.N : A dire vrai, toute l’histoire est une pure fiction. Mais dire qu’elle n’est pas de quelque façon inspirée du réel, ou de faits réels, serait un mensonge, car la fiction flirte à certains endroits du roman avec le réel. Lorsqu’est abordée par exemple la question de la xénophobie en Afrique du Sud, le « corrective rape » que subissent les lesbiennes de ce pays, ou certaines réalités du Sénégal. Il ne s’agit peut-être pas d’histoires de gens réels, mais il ne serait pas surprenant que ces derniers s’y reconnaissent.

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A.C : La malédiction d’Eric est liée à son orientation sexuelle. Le roman peut-il être considéré comme un réquisitoire contre l’homophobie ?

I.N : Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un réquisitoire contre l’homophobie, quoique je ne le réfute pas non plus totalement. Je crois m’être évertué à raconter l’histoire de sorte à ce que ne transpire pas mon propre point de vue sur la question de l’homosexualité. Il était plus important pour moi de mettre le lecteur face aux faits et le laisser seul juge, que de faire entendre ma voix et l’inviter à s’en faire l’écho. C’est à lui de décider ce qu’est à son sens ce roman. Je le présente habituellement en disant que c’est un appel à la tolérance, mais cette tolérance n’est pas seulement, comme l’ont déduit certains lecteurs, avec les homosexuels, mais plutôt et surtout avec les divers avis que susciteront la lecture du livre. Que le roman favorise le débat sur la question de l’homosexualité, de l’homophobie, serait ma plus grande réussite. Mais il n’est pas, du moins de mon point de vue, un réquisitoire contre l’un ou l’autre.

A.C : Ibuka Ndjoli vous êtes le fondateur de la maison d’édition Kusoma avec une philosophie particulière. Pourriez-vous nous la décliner ?

I.N : Les Editions Kusoma sont juste un volet de notre structure qui se nomme Kusoma Group. Celle-ci comprend une maison d’édition, une librairie et une bibliothèque en ligne. Notre ambition est de redynamiser l’édition des livres africains et démocratiser la lecture, en s’appuyant sur les nouvelles technologies. Nous voulons permettre aux lecteurs du monde entier d’accéder aux productions littéraires via les terminaux qu’ils possèdent (Smartphones, tablettes, ordinateurs), et lire dans les formats qui leur sont le plus accessibles. Ainsi produisons-nous des livres numériques (E-book) et papier. Nous nous sommes récemment également lancés dans la production de livres audio, afin de toucher davantage de personnes, notamment les enfants et les personnes qui ne savent pas ou ne peuvent pas lire. Pour nous, le contenu a plus de valeur que le contenant. Et si le livre papier demeure encore un luxe, en Afrique en particulier, il y a d’autres moyens d’amener les gens à consommer ses contenus. Notre offre s’adresse à tous les éditeurs d’œuvres africaines qui souhaiteraient donner un second souffle à leurs livres. Les Editions Kusoma, quant à elles, existent dans le but de faire connaître les talentueux auteurs africains qui mériteraient d’être lus.

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A.C : Pour terminer parler nous de vos livres déjà écrits et de vos prochains chantiers

I.N : Une Place Là-Haut est le cinquième livre en version papier que je publie, et le dixième, tout format confondu. Mon premier livre est un essai intitulé La Jeunesse Africaine a une voix, dont la cible était la jeunesse africaine, celle de l’Afrique noire en particulier, que j’invitais à une prise de conscience et une révolution intellectuelle. Deux ans plus tard, je publiais une sorte de témoignage-autobiograhie intitulée Ces Choses Que J’Aurais Voulu Qu’on Me Dise Lorsque J’Etais Plus Jeune.  Ce livre, adressé à mes cadets, était un partage de conseils et découvertes que j’avais faites afin de leur permettre de comprendre l’importance de l’école et savoir s’orienter dans les dédales de leur vie d’enfants et adolescents. L’année suivante était publié Les Histoires de vos vies, un recueil de nouvelles rassemblant 15 histoires vraies. L’année d’après, SuperWomen voyait le jour. Il s’agit d’un recueil de récits de jeunes femmes entrepreneures qui racontent leurs parcours, de la naissance de l’idée à sa concrétisation, en passant par les difficultés rencontrées. Une Place Là-Haut, le premier roman de la liste, est venu clore cette série de livres publiés en version papier. Les autres sont des améliorations d’histoires écrites sur différentes plateformes, que j’ai transformées en livres numériques afin de les rendre facile d’accès.

Concernant mes projets d’écriture, je travaille présentement sur d’autres romans, dont j’ignore pour l’instant lequel sortira et quand. Je me suis attaché à ce genre, très difficile, il me faut le reconnaître, et je dois encore le bien maîtriser avant de commettre une autre œuvre. Une  Place Là-Haut vient de naître. J’apprendrai des critiques des lecteurs. Et peut-être que 2018 verra naître un autre roman. Mais avant cela, je travaille sur un livre sur les start-ups africaines, ou plutôt sur le comment en lancer une.

 

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